Nous prions les uns pour les autres

Cette rubrique mensuelle de ‘Marie, médiatrice et reine’, dont le but est le soutien mutuel dans la prière, vise à se sentir unis en tant que lecteurs et lectrices de la revue. Au début de chaque mois, après l’apparition de la revue, cette page est renouvelée.

Notre neuvaine commune commence le vendredi 3 février.
Elle se termine le samedi 11, mémoire de Notre-Dame de Lourdes.
Souvenez-vous que chaque jour, lors de la célébration eucharistique,
nous prions pour nos abonnés et pour les défunts.  

La puissance du silence

Un curé me disait que, lors de la messe du dimanche, il tient à respecter des courts moments de silence. De nombreux pratiquants ne savent pas quelle attitude adopter dans ces moments-là, et certains pensent même qu’il cherche son texte ! Pourtant, le silence dans la liturgie n’est pas sans signification. Lorsque le prêtre prend en main le pain et le vin, par exemple, un silence s’installe autour de l’autel : c’est le moment idéal pour se repentir et se préparer à la communion par une prière personnelle.  

Il y a d’autres moments où nous faisons l’expérience de l’effet bénéfique d’un temps de silence. C’est le cas lorsque nous avons l’occasion d’adorer le Saint Sacrement. Cela ne se produit pas très souvent au cours de la liturgie – seulement le Jeudi et le Vendredi saint – mais ces moments sont parmi les plus intenses de l’année liturgique. Lorsque, le Jeudi saint, les sons de l’orgue s’éteignent et que les cloches sont « parties pour Rome », tout en priant et en veillant, nous restons seuls avec Jésus. 

Choqué par un morceau de pain ?

Dans certaines paroisses, on expose régulièrement le Saint Sacrement. Dans mon église paroissiale, cela se fait chaque samedi. Les monastères et les abbayes aussi connaissent également cette tradition. Aux yeux de celui qui n’est pas familier avec la foi catholique, cela peut sembler étrange : des hommes et des femmes qui, à genoux, lèvent les yeux vers une hostie, un morceau de pain. En fait, il ne s’agit pas d’un rituel bigot, loin de là. En nous agenouillant devant le Saint Sacrement, nous nous faisons petits comme Jésus l’a fait en lavant les pieds de ses disciples. En même temps, nous découvrons à quel point nous sommes petits et combien est grand Celui qui a créé le monde pour nous. 

En nous agenouillant devant le Saint Sacrement, nous nous faisons petits comme Jésus l’a fait en lavant les pieds de ses disciples

Cette prise de conscience peut être choquante car après tout, nous sommes aussi des enfants de notre époque. Nous vivons dans un monde où « être capable de bien se vendre » est considéré comme le meilleur des compliments. La prise de conscience soudaine que nous devons tout à Dieu ébranle cette construction sociale. 

Laisser parle le silence

Lors de l’adoration du Saint Sacrement, nous vivons des moments très personnels. L’adoration nous invite à nous mettre en présence du Christ. « Être tous en silence de façon prolongée devant le Seigneur présent dans son Sacrement, est l’une des expériences les plus authentiques de notre Église », dit le Pape Benoît XVI à ce sujet. « Pour communier vraiment avec une autre personne, je dois la connaître, savoir rester auprès d’elle en silence, l’écouter, la regarder avec amour. » 

Vivre de tels moments précieux ne nécessite pas de grands discours. Laissez parler le silence. « Si vous voulez adorer le Sacrement, il ne faut pas commencer à parler de vous », nous enseigne Saint Pierre-Julien Eymard. « Le Christ connaît sûrement toutes vos questions et tous vos problèmes. Laissez-Le d’abord dire ce qu’Il a Lui-même à dire. » Ou, comme quelqu’un le disait, lorsque nous nous taisons, le Christ a la chance de s’exprimer. 

Continuons à prier les uns pour les autres, en nous rappelant les paroles de Jésus : « C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à Lui seul tu rendras un culte » (Lc 4, 8). 

Glenn Geeraerts, rédacteur