L’ouverture de la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre à Rome marquera bientôt le début du Jubilé, le soir de Noël. « Le Jubilé sera une année sainte caractérisée par l’espérance qui ne passe pas », a écrit le pape François dans la bulle Spes non confundit, (L’espérance ne déçoit pas), dans laquelle il a officiellement proclamé l’année jubilaire. Nous avons lu ce document pour vous et vous proposons un résumé.
par P. Nepo James Raj, montfortain

Nous sommes tous des pèlerins, en route pour rencontrer le Seigneur. Mais notre désir et notre espoir de Le rencontrer dans sa gloire sont contrariés par le sentiment d’insécurité qui domine nos cœurs à l’ère d’internet et du progrès numérique. Le pape le dit clairement : « Dans un monde où la précipitation est devenue une constante, nous nous sommes habitués à vouloir tout et tout de suite. On n’a plus le temps de se rencontrer et souvent, même dans les familles, il devient difficile de se retrouver et de se parler calmement. »
Le pape espère que l’année jubilaire, qui commence à Noël, donnera aux gens l’occasion de renouveler leur espérance en Dieu. Pour encourager les gens à grandir dans cette espérance, il recommande aux croyants de réfléchir à l’amour de Dieu afin de pouvoir cultiver la vertu de la patience. Cette dernière n’est-elle pas l’un des fruits de l’Esprit Saint ? « Apprenons donc à souvent demander la grâce de la patience qui est fille de l’espérance et en même temps la soutient », explique le pape.

le 28 septembre dernier.
Photo : J. Bihin / National Committee Papal Visit 2024.
Pèlerinage et confession
Pendant le Jubilé, le Pape conseille aux croyants de faire l’expérience de la miséricorde de Dieu en se rendant en pèlerinage dans les lieux saints. Ils « seront des oasis de spiritualité où l’on pourra se rafraîchir sur le chemin de la foi et s’abreuver aux sources de l’espérance », écrit François. Aux croyants qui ont perdu l’espoir à cause de terribles événements qui les touchent, François demande de s’inspirer de Marie, qui a continué à espérer en Dieu alors que les choses prenaient une mauvaise tournure. Elle est la « Mère de l’espérance » ; il encourage donc les croyants à se rendre en pèlerinage dans les sanctuaires mariaux.
Le Pape exhorte également les prêtres et les fidèles à bien se préparer à la célébration du sacrement de confession afin que cette année sainte devienne un moment de grâce et de réconciliation. Selon le Saint-Père, la confession est le « point de départ irremplaçable d’un véritable chemin de conversion ». En travaillant à notre propre conversion, à notre réconciliation et à notre pardon, nous deviendrons des artisans de paix et des signes tangibles d’espoir pour tous ceux qui connaissent des difficultés de toute nature : désespoir, peur, solitude, désarroi, incertitude et désespoir en ces temps difficiles. Comme l’a dit le pape : « Ne renonçons donc pas à la confession, mais redécouvrons la beauté du sacrement de la guérison et de la joie, la beauté du pardon des péchés ! »
Signes d’espérance
La paix dans le monde comme premier signe d’espérance : telle est la volonté explicite du pape François. Pour proclamer la paix, il invite les fidèles à reconnaître l’immense bien dont nous sommes dotés, plutôt que le mal et la violence qui nous effraient. Le monde d’aujourd’hui, déchiré par des guerres sanglantes, a besoin d’artisans de paix. D’ailleurs, à la fin de la messe dominicale lors de sa visite en Belgique, le pape a mentionné plusieurs sources de violence, d’Israël à l’Ukraine.
Dans la bulle proclamant le Jubilé, François mentionne d’autres signes possibles d’espérance. Il espère par exemple que les jeunes couples, qui hésitent souvent à devenir parents, seront prêts à accueillir une nouvelle vie. Il souhaite qu’au cours de l’année sainte, les prisonniers qui ont perdu l’espoir et la foi à cause de leur condamnation puissent trouver réconfort et espoir grâce à des programmes de réhabilitation et de réinsertion. Il suggère d’ouvrir une Porte Sainte dans une prison, « comme un signe invitant les prisonniers à affronter l’avenir avec espoir et un sentiment renouvelé de confiance ».

Photo : J. Bihin / National Committee Papal Visit 2024.
François invite également à prêter attention à d’autres groupes et à prendre soin d’eux : les malades et les professionnels de la santé ; les jeunes, parce qu’ils incarnent l’espérance et la joie de l’Église et du monde ; les migrants, pour qu’ils se sentent accueillis ; les personnes âgées et les grands-parents, qui ne méritent pas d’être abandonnés. À propos des milliards de gens vivant sous le seuil de pauvreté, qui manquent du nécessaire, il écrit : « La faim est une plaie scandaleuse dans le corps de notre humanité et elle invite chacun à un sursaut de conscience. » Enfin, le pape exprime son souhait que tous les chrétiens, dans un esprit d’œcuménisme, puissent, ensemble, célébrer Pâques en 2025.
Comme le recommande le pape François, partons en pèlerinage pour renouveler notre foi en Dieu, pour reconnaître la présence de Dieu dans nos compagnons de pèlerinage et pour rencontrer le Dieu miséricordieux qui nous aime et veut partager sa vie divine avec nous, afin que l’année sainte devienne un moment de grâce et d’espoir renouvelé pour chacun d’entre nous.





