Le pèlerinage à Notre-Dame de Walcourt

La basilique de Walcourt, petite ville au cœur de l’Entre-Sambre-et-Meuse, abrite l’une des plus anciennes statues mariales de la chrétienté occidentale. Célèbre est la procession annuelle en l’honneur de Notre-Dame de Walcourt, le jour de la Trinité. Cette année, le dimanche 12 juin, la cité mariale vibrera à nouveau au son des fifres et des tambours après deux années de Trinité « autrement ». 

D’après la tradition rapportée de différentes façons, le miracle du Jardinet, survenu en 1228 est à l’origine de la vénération de Notre-Dame de Walcourt. Alors que la collégiale (qui sera élevée au rang de basilique en 1950) était en proie aux flammes, les témoins oculaires de l’époque virent la statue s’élever de celles-ci – tantôt portée par les anges, tantôt précédée de colombes blanches selon les versions – pour se poser dans un arbre au lieu-dit « Jardinet », situé en contre-bas de la vallée.

Devant l’impossibilité de l’en déloger, les habitants du bourg firent appel à Thierry, seigneur de Walcourt, qui, après l’avoir vainement suppliée par trois fois de descendre de son reposoir, promit à la sainte image de construire une abbaye en ce lieu. Touchée par cette offre, la Vierge serait alors descendue dans ses bras, se laissant ensuite ramener triomphalement à son autel. 

Et la tradition orale de faire son office : le bruit de ce double miracle se répandit comme une trainée de poudre et les habitants, tant de Walcourt que des environs, voulurent voir et emporter une partie de l’arbre sur lequel la statue s’était réfugiée. 

C’est pour commémorer cet évènement merveilleux qu’on a institué, sans doute immédiatement après, une procession qui aurait désormais lieu tous les ans. En effet, s’il faudra attendre cent ans après les faits pour en obtenir une première mention écrite (1329), le texte en question relate déjà la procession comme étant une coutume bien ancrée depuis longtemps dans la localité. D’autres miracles attribués à Notre-Dame de Walcourt étofferont rapidement son rayonnement et son culte en Belgique, en France, en Allemagne et jusqu’aux Pays-Bas.  

LE PÈLERINAGE 

La pratique du pèlerinage, que le christianisme a considérablement développée, remonte à ceux que les Juifs entreprenaient pour se rendre au temple de Jérusalem. Les premiers chrétiens inaugurèrent cette démarche dès les premiers siècles de la chrétienté en se rendant sur les tombes des saints et des martyrs. Durant tout le Moyen-Âge et surtout vers l’an 1000, la ferveur religieuse se traduisit par de nombreux voyages en l’espèce. Parfois, le pèlerin s’imposait lui-même des conditions pénibles : marcher pieds nus, porter des chaînes etc. 

Jadis, les pèlerinages « expiatoires » avaient aussi vocation judiciaires et étaient infligés aux personnes coupables de crimes ou de délits. Ces pèlerinages, au nombre desquels figurait celui à Notre-Dame de Walcourt, se retrouvent dans toute la Belgique et presqu’à toutes les époques. Le traité conclu le 7 mai 1318 entre le chapitre de Fosses et la commune de Walcourt relate que vingt bourgeois furent condamnés à faire un pèlerinage à Notre-Dame de Walcourt. À ce titre, le pèlerinage Fosses-Walcourt est toujours vivace actuellement : chaque année, les membres de la confrérie Saint-Feuillen de Fosses-la-Ville effectuent leur périple annuel à pied vers la cité mariale au mois de juin. Cette année, ce sera le samedi 18 juin 2022. 

Depuis le miracle de 1228, le culte rendu à Notre-Dame de Walcourt n’a cessé de se répandre et de croitre à travers le pays. Le pèlerinage annuel déploie ses fastes le jour de la Trinité – le dimanche qui suit le Lundi de Pentecôte – où pèlerins et Marches militaires accompagnent Notre-Dame tout au long du « Grand Tour », son périple annuel de 7 km autour de la localité. C’est le point d’orgue de la neuvaine de pèlerinage, celui-ci s’étalant sur neuf jours.  

LA MARCHE ET LA FOI 

Aujourd’hui, en règle générale, la route est encore pédestrement effectuée par des pèlerins qui sont liés par des promesses ; et le Grand Tour est toujours accompli tout au long de l’année par ceux qui ont conservé cette dévotion particulière et singulière pour Notre-Dame de Walcourt. Les apparitions de Banneux et de Beauraing (1932-1933) ont déplacé l’ardente foi mariale de Belgique dans les localités précitées, là où l’on a pris soin de développer des structures d’accueil et des sanctuaires propices à la fréquentation des foules. En outre, il faut bien reconnaitre qu’à Walcourt comme ailleurs, le folklore a pris le dessus sur la démarche pèlerine.  

Walcourt continue néanmoins d’attirer, notamment le jour de la Trinité. Durant tout le weekend, le temps se fige pour laisser place aux imposants soldats qui constituent l’escorte à Notre-Dame. Le spectacle est coloré, le défilé est solennel. La Marche et la Foi se complètent mutuellement : à Walcourt, l’une ne se conçoit pas sans l’autre. Cette année, le dimanche 12 juin 2022, la cité mariale vibrera à nouveau au son des fifres et des tambours après deux années de Trinité « autrement ». 

UNE DÉVOTION ARDENTE 

Et Notre-Dame de Walcourt est là, plus belle et plus majestueuse que jamais, veillant inlassablement sur les affligés qui cherchent la consolation. Abritée dans le transept nord de la basilique Saint-Materne, elle fait toujours l’objet d’une dévotion ardente ; certes moins visible qu’auparavant, mais vivante. Chaque événement dont elle fait l’objet attire une quantité considérable de visiteurs, de curieux, d’admirateurs discrets et sincères. Les nombreuses neuvaines et les innombrables cierges brulés chaque semaine sont les signes visibles d’un amour toujours ardent et bien vivace. Et durant les neuf jours de pèlerinage (la grande neuvaine de la Trinité), la basilique n’est jamais vide et, osons le dire, Notre-Dame ne reste jamais seule. 

La période s’étalant de 2025 à 2029 comportera de nombreuses dates anniversaire en lien avec Notre-Dame de Walcourt, sa basilique, son couronnement, ses miracles, sa procession… Le présent article se veut l’introduction juste, nécessaire et préalable aux nombreux événements à venir. Dans l’attente de ces années fastes, les membres du clergé de la paroisse Saint-Materne, les Gardiens de la Vierge et le comité de la Marche militaire Notre-Dame de Walcourt vous donnent rendez-vous le dimanche 12 juin 2022. 

Florian Lepinne 

Plus d’infos : 
florian.lepinne@outlook.be 
trinite-walcourt.be 
Le pèlerinage Fosses-Gerpinnes-Walcourt : micjacques2009@gmail.com 

Pourquoi le Vendredi Saint mène à la joie pascale

Que peut signifier, pour notre époque, la dernière semaine de la vie de Jésus, telle que décrite dans l’Évangile ? « Le chemin que le Christ a parcouru entre le Dimanche des Rameaux et Pâques, en passant par le Vendredi Saint, nous invite à la méditation », écrit l’abbé Urbain Muswil. « C’est le miroir de nos vies qui fluctuent. »

Entre les belles paroles d’accueil du Dimanche des Rameaux, « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur » (Lc 19, 38) et la nouvelle de la résurrection, « Il n’est pas ici, il est ressuscité » (Lc 24, 6), il y a ces paroles intermédiaires du Vendredi Saint : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » (Lc 23, 21).

En effet, le public, influent et majoritaire, a eu raison de l’autorité établie. Il l’a contrainte, d’une part, à prononcer la peine de mort d’un innocent et, d’autre part, à prononcer l’amnistie général envers un criminel. « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais, chez vous, c’est la coutume que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ?’ Alors ils répliquèrent en criant : ‘Pas lui ! Mais Barabbas !’ Or ce Barabbas était un bandit » (Jn 18, 38-40).

Nous voyons Pilate impuissant devant la clameur populaire, une sorte de démocratie de masses partisanes et radicalisées. Malgré l’innocence de l’accusé et la vérité de ses enseignements, la foule, extrémiste, réclame sa crucifixion. Cette situation cache et révèle en même temps l’attitude combien hostile de notre humanité devant certaines vérités bouleversantes. Pilate et ses administrés choisissent la coutume, la tradition au lieu de la vérité qui sauve, Jésus ; ils libèrent le banditisme incarné par Barabbas et crucifient la Vérité. Mais celle-ci, étant plus forte que le complot et toute la machination, survivra.

Le Calvaire de Pontchâteau (France), érigé par saint Louis-Marie Grignion de Montfort

Un chemin cahoteux
Cette situation nous montre en effet que Jésus nous fait cheminer entre la grande joie de sa naissance et la gloire de sa résurrection en passant par la passion, la condamnation et la croix. Le nouveau roi des juifs qui vient de naître sera le roi controversé, ignoré, ridiculisé, couronné d’épines et trônant du haut de sa croix. Il passe de l’humilité d’un serviteur à l’humiliation d’un inculpé, de l’accueil chaleureux aux portes de Jérusalem à la violence dans ses rues. Il passe de la vie d’un mortel à la Vie éternelle en passant par une mort violente.

Une telle évolution non linéaire de la vie de Jésus appelle à la méditation. Elle est le miroir de nos vies qui fluctuent. Nous passons d’une joie à une autre, parfois d’une réussite à de profondes tristesses ; il nous arrive de passer à la compréhension au bout d’un certain conflit, une certaine rupture ; nous traversons des époques où nous connaissons le meilleur et le pire, la maladie et la guérison. Dans la vie chrétienne, le chemin vers la joie éternelle passe par la vie quotidienne faite de petites croix, de petites passions, de petites et grandes déceptions.

Des foules fanatiques
Lors d’une séance de catéchèse avec les 11-13 ans, après avoir vu une séquence de la passion de Jésus, les jeunes catéchisés faisaient remarquer que la passion de Jésus était, selon eux, aggravée par trois faits : d’abord le public qui criait contre lui et réclamait sa condamnation ; puis le fait que Jésus portait lui-même le bois, l’instrument de sa crucifixion ; enfin, au lieu d’apaiser sa peine et sa soif, ses bourreaux lui donnaient du vinaigre et le couronnaient d’épines.

Cette remarque pertinente des jeunes fait penser au malheur que tant de personnes vivent par rapport à leurs proches. Au départ, elles se révèlent hospitalières et finalement elles deviennent violentes, agressives. Elles passent immédiatement du Dimanche des Rameaux au Vendredi Saint.

Il arrive que, d’abord chaleureusement accueillies, elles soient ensuite brutalement rejetées, abandonnées, c’est ce qui arrive. Au lieu d’offrir une aide ou montrer de la compréhension, dans notre société soi-disant hospitalière, beaucoup de fanatiques enfoncent les autres dans la misère. Ils les poussent à se renier, à divorcer, à apostasier, à
trahir ou à se venger.

Un appel pour tous les temps
Célébrer la Pâque du Christ aujourd’hui c’est exalter la victoire de la Vérité ; c’est faire de la croix un instrument significatif. En effet, après sa passion et ses souffrances endurées pour nous les hommes, après sa mort sur la croix, sa descente au séjour des morts, le Christ est sorti vivant, plein de gloire et d’honneur. Cette nouvelle continue à faire son chemin plus de 2000 ans après. La joie du chrétien est de se reconnaître aussi vainqueur de toutes les peines, les souffrances et les humiliations de ce monde.

Du Dimanche des Rameaux au Dimanche de Pâques, Jésus-Christ, l’innocent condamné triomphe de la mort et devient Seigneur et Roi. N’est-ce pas là un appel pour tous les temps, plus encore en ces années Covid et ces menaces de guerre ? Ne baissez donc pas les bras dans votre lutte, regardez le Christ en croix, mettez-vous à sa suite et avec lui vous vivrez.

Abbé Urbain Muswil
image: Llann Wé (Wikimedia Commons)

Bienvenue au Petit Lourdes

Alors que bon nombre d’églises voient leurs portes cadenassées dans notre milieu, certains lieux de prière expérimentent encore la chaleur et les va-et-vient des pèlerins qui viennent s’y ressourcer et y approfondir leur foi. Dans ces quelques lignes, nous tourneront nos yeux sur ‘Le Petit Lourdes’, un modeste sanctuaire mais attirant se trouvant à Bassenge dans le diocèse de Liège.

Malgré la fermeture des églises à plusieurs endroits, une nouvelle et belle chapelle y a vu le jour. Une interview avec le recteur – qui préfère comme titre « le jardinier » du sanctuaire – le révérend Abbé Lucien Vanstipelen.

Abbé Lucien dans la chapelle du sanctuaire

Mmr : Quelle est l’historique de ce lieu de prière, ‘Le Petit Lourdes’ ?

Abbé Lucien : Le paisible domaine de prière et de paix ‘Le Petit Lourdes’ a vu le jour vers la fin du 19ème siècle. À la mort de Bernadette Soubirous, en 1879, le curé de Bassenge François Nouwen, promoteur de la dévotion à Notre-Dame de Lourdes dans sa paroisse, à qui il attribue une guérison spectaculaire, décide de construire une grotte semblable à celle de Massabielle. En 1895, deux chemins ont été traces dans la colline verdoyante abritant la grotte et 15 chapelles représentant les mystères du Rosaire, puis quelques chapelles de saints y furent ajoutées. En plus du Rosaire, en 1905 un chemin de croix fut érigé dans la colline avec des stations marquées de grandes croix formées de troncs de chêne d’abord, et ensuite construites en briques abritant de remarquables bas-reliefs.

Pour permettre les célébrations eucharistiques au cours des quatre saisons, surtout en hiver et en temps de pluie, la nouvelle et spacieuse chapelle, construite principalement par des bénévoles et grâce à la générosité des fidèles, des entreprises et artisans de la région, fut inaugurée et bénite par l’évêque de Liège, Monseigneur Aloys Jousten, le 1er mai 2008. En 2015, Monseigneur Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, désigne ‘le Petit Lourdes’ comme un des lieux jubilaires de l’Année Sainte de la Miséricorde, initiée par le pape François. À ce titre la chapelle avait reçu une magnifique « Porte de la Miséricorde ».

En 2015, l’évêque désigne le Petit Lourdes comme un des lieux jubiliaires de l’Année Sainte de la Miséricorde

Mmr : Abbé Lucien, comment êtes-vous arrivé ici au sanctuaire, le ‘Petit Lourdes’ ?

Abbé Lucien : Je suis un fils de la région, né et grandi ici à Bassenge. J’ai fait des études de kinésithérapie et j’ai pratiqué cela pendant trois ans. J’ai été aussi conseiller communal, on a monté un groupe de théâtre… Malgré tous ces engagements, la politique et le succès professionnel, au fond de moi-même je n’étais pas satisfait de ma vie.

J’ai été élevé chrétiennement puis, comme beaucoup de jeunes à l’âge de 16-17 ans, j’ai abandonné la religion. Mais plus tard j’ai retrouvé la fraîcheur de l’évangile et j’ai découvert en moi une source, une présence, qui m’orientait vers le Christ proposant un chemin de bonheur. J’ai mis mes pas sur le chemin des béatitudes, et j’ai constaté qu’effectivement c’est un chemin de bonheur ne cherchant pas vouloir être le plus grand, le plus fort, le plus riche, paraître, mais d’être simplement soi-même, pas plus.

La grotte de Lourdes à Bassenge

Mmr : Ensuite vous avez répondu à l’appel du Seigneur.

Abbé Lucien : Oui, j’ai arrêté mon travail de kiné pour devenir séminariste-ouvrier en travaillant avec l’équipe des prêtres-ouvriers à Liège sur les chantiers de construction. Après avoir suivi des cours au séminaire de Namur, j’ai été ordonné prêtre. Au cours des cinq ans de statut de prêtre ouvrier, eut lieu le licenciement de l’entreprise. En voyant mes copains ouvriers licenciés, j’étais fâché et, avec eux, sans être moi-même licencié, j’ai participé à des manifestations. Dans la foulé j’ai déchiré tous mes papiers, l’argent et tout ce que j’avais et j’ai vécu pendant cinq ans comme vagabond, sans le moindre revenu, sans papiers vivant dans une tente, plus tard dans une grotte que j’avais creusée moi-même… des années merveilleuses en pleine nature, hors du bruit du monde.

J’ai vécu pendant cinq ans comme vagabond, sans papiers, en pleine nature

Lucien Vanstipelen

Jusqu’au jour où il n’y eut plus de curé à Bassenge. Les habitants sont venu me trouver et m’ont exprimé leur souhait. Ils avaient décidé d’aller voir l’évêque et l’ordinaire du lieu qui, à leur tour, m’ont appelé. C’est ainsi que j’ai finalement accepté de devenir curé à Bassenge et puis des sept paroisses de la vallée du Geer. Après j’ai demandé de revenir ici au Petit Lourdes où j’œuvre encore actuellement comme « jardinier », un titre que je préfère par rapport à celui de recteur.

Mmr : Quel rôle jouent Marie et la grotte du Petit Lourdes dans la vie des personnes qui affluent ici, surtout pendant cette période pandémique ?

Abbé Lucien : Marie est toujours attirée par les souffrants, les malades et les gens de toute catégorie… Avec sa gentillesse et son sourire elle console les personnes qui arrivent ici humblement. En ce temps de pandémie beaucoup de personnes en quête de paix, de tranquillité, de silence et de réconfort, aiment se retirer dans ce lieu de prière. Au pied de la grotte, les gens viennent offrir à Marie leurs fardeaux, leurs intentions, leurs joies et peines pour qu’elle les présente à son Fils Jésus Christ. Ce lieu, imprégné de plus d’un siècle de prières, dégage un climat de paix et de sérénité.

Au pied de la grotte, les gens viennent offrir à Marie leurs fardeaux, leurs intentions, leurs joies et peines

Tous ceux qui n’ont pas les moyens pour se rendre à Lourdes, en France, viennent prier Marie ici à la grotte de Bassenge. Les archives mentionnent des guérisons inexpliquées. Ce qui est incontestable, c’est que de nombreuses personnes, hier comme aujourd’hui, reçoivent au ‘Petit Lourdes’ un réel réconfort moral, physique et spirituel. Depuis plus de 130 ans, ce modeste sanctuaire marial accueille des fidèles, des promeneurs, des pèlerins…

Mmr : Monsieur le « jardinier » du Petit Lourdes, il y a-t-il un programme des célébrations dans la nouvelle chapelle du sanctuaire?

Abbé Lucien : Chaque semaine il y a des célébrations eucharistiques dans notre chapelle. Nous y célébrons aussi des baptêmes, des mariages, des funérailles… La forte fréquentation de la chapelle en hiver et en temps de pluie, nous a poussé à planifier un agrandissement. Pour matérialiser ce projet, nous avons commencé les travaux en 2021. Actuellement, grâce à son développement, on est plus nombreux à participer aux diverses célébrations.

Que Notre Dame du Petit Lourdes soutienne ceux qui travaillent jour et nuit pour le bon déroulement des activités et des célébrations au sanctuaire marial de Bassenge ; qu’elle nous aide à marcher sur les pas de son Fils Jésus Christ et nous garde dans la paix.
Père Ghislain Kasereka, s.m.m.

Le domaine de la grotte et la chapelle sont accessibles toute l’année (rue Nouwen à Bassenge). Les Amis du Petit Lourdes ont publié un bel ouvrage sur le sanctuaire. Renseignements : lucien.vanstipelen@gmail.com.

Père Ghislain Kasereka et le recteur du sanctuaire, devant la grotte

Quel avenir pour l’Église ?

Depuis un an, nous posons dans cette rubrique des questions difficiles, stimulantes et provocantes à propos de Dieu et de la souffrance dans ce monde, de notre relation avec la création, des motivations des ermites à notre époque. Nous terminons cette série par une question qui préoccupe les croyants de différentes origines : « Quel avenir pour l’Église ? » Avec l’abbé Dirk Vannetelbosch, curé à Jette, nous allons chercher une réponse. Nous tenons à avertir les lecteurs : notre interlocuteur n’a pas de boule de cristal. Mais, grâce à son engagement comme curé dans une grande ville, il a une vision claire du rôle de la religion dans une société multiculturelle.

Lorsque nous rencontrons Dirk Vannetelbosch sur la place Cardinal Mercier, coeur battant de la commune, Jette est à la hauteur de sa réputation de « village dans la ville ». Le curé de l’église Saint-Pierre vient tout juste de prendre congé d’une vieille connaissance et s’arrête pour bavarder avec un policier de passage. L’humour bruxellois multilingue n’est jamais loin. Aussi pendant notre conversation dans le presbytère, c’est un va-et-vient de voisins et de bénévoles. L’abbé Vannetelbosch, originaire du Brabant flamand, alterne en douceur le néerlandais, le français et le dialecte bruxellois – il y a quelques années, il a trimé pour apprendre le français à l’école militaire.

C’est à la fin du mois de septembre que nous nous retrouvons à Jette. Les mesures contre le coronavirus en région bruxelloise sont encore strictes. « Cependant, la vie paroissiale se remet sur les rails », dit le curé Dirk. « La célébration de l’Eucharistie est diffusée sur YouTube depuis un an et demi maintenant, mais dimanche dernier, il y avait déjà 150 personnes dans l’église. Un effet secondaire spécial de la corona est que nous avons maintenant trois groupes bibliques au lieu de deux dans notre paroisse. »

LES TRADITIONS DISPARAISSENT

À première vue, on pourrait dire que l’une des dernières paroisses néerlandophones de la capitale est en croissance. « Nous venons de loin », dit l’abbé Dirk, qui esquissant la situation à son arrivée à Jette, se réfère avec un clin d’oeil à l’histoire de la création. « Quand j’ai commencé ici en tant que curé, il y a dix-sept ans, la terre était désolée et vide. À cause des querelles entre les francophones et les néerlandophones il n’y avait presque plus de vie communautaire. Ce que nous appelons aujourd’hui ‘le presbytère’ était un ancien centre médical que nous avons transformé en lieu d’accueil pour le quartier. Après la messe, les gens peuvent y déguster un verre de porto ou une tasse de café. »

Mais tout n’est pas rose et facile, prévient Dirk : « Je peux compter sur les doigts d’une main le nombre d’inscriptions pour la catéchèse de la confirmation. Cette tradition s’éteint et ce n’est pas seulement dû à la diminution du nombre d’enfants néerlandophones dans les écoles de Jette. Des connaissances en Flandre me demandent parfois de baptiser un enfant, mais dans ma propre paroisse, il n’y a pratiquement pas de baptêmes. À l’heure actuelle, trois adultes sont sur le point de se faire baptiser dans notre église. Voilà trois points positifs : en effet, ces personnes ont consciemment choisi la foi. J’attends avec impatience avec eux la veillée pascale prochaine. »

LITURGIE CLASSIQUE

Il n’y a pas que les fidèles néerlandophones à Bruxelles qui connaissent l’abbé Dirk. Il a déjà fait la une du journal Le Soir comme « l’un des visages qui font vivre notre capitale ». Le jour de l’Épiphanie la messe en bruxellois était mentionnée lors du journal télévisé ; la bénédiction annuelle des motards sur la place de l’église est également un « événement » médiatique. Les dimanches les fidèles viennent parfois de loin : Lennik, Dilbeek, Londerzeel…

Dirk veut dissiper un malentendu : la célébration de l’Eucharistie à Jette n’est pas un théâtre dominical. « La messe en bruxellois est un cas particulier, même si elle reste classique. En fait, la liturgie dans notre église est simple, voire classique. À mes yeux, la liturgie est axée sur la communauté paroissiale. Ceux qui viennent à l’église ne doivent pas avoir le sentiment de faire partie d’un club partageant les mêmes idées, comme on le voit si souvent. »

FOI ET CULTURE

Comment le curé de Jette voit-il évoluer la participation des fidèles ? « Je ne vois pas les paroisses de Bruxelles disparaître de sitôt, même s’il y en aura sans doute moins. Dans une ville de 1 million d’habitants, on trouvera toujours un grand groupe de catholiques », dit l’abbé Dirk. « En Wallonie et en Flandre, certainement dans les zones rurales, je prédis un scénario différent. J’entends des collègues ‘de la campagne’ dire qu’ils prêchent le dimanche devant dix ou douze personnes. Après la messe, ils sautent dans leur voiture pour trouver une poignée de fidèles dans un village voisin. »

« Les gens disent parfois que la ville est le lieu où la foi renaît », constate l’abbé Dirk. « Est-ce que cela concerne aussi l’Église catholique romaine ? C’est un grand point d’interrogation. Ce qui me frappe énormément à Bruxelles, ce sont les communautés
évangéliques – les soi-disant églises pentecôtistes – qui poussent comme des champignons. En tout cas, la religion jouera un rôle important dans une ville composée de dizaines de nationalités différentes. Pour de nombreux Bruxellois, la foi est étroitement liée à leur pays d’origine. Vivre sa foi c’est un moyen de rester connecté à sa propre culture et à ses racines. »

Dirk Vannetelbosch pense que ses collègues qui exercent leur ministère ailleurs dans le pays ne devraient pas se concentrer sur la baisse du nombre de participants à l’Eucharistie, même si la baisse de la fréquentation de l’église est visible. « Avant tout il est important de savoir s’il y a des ‘personnes-ressources’ : des bénévoles qui sont prêts à porter la paroisse, qui s’engagent avec tous leurs talents. Si je devais faire seul tout le travail à Jette, il ne serait plus question des groupes bibliques, des échanges mensuels sur le deuil, de la diffusion en direct de la messe, de la splendeur florale dans notre église et de tant d’autres initiatives. »

IL NE S’AGIT PAS DE CONVERTIR

Avec d’autres responsables pastoraux à Bruxelles, le curé de Jette s’interroge sur la question de l’avenir de l’Église dans la capitale. Les questions qui se posent concernent aussi bien les communautés francophones que flamandes. « La liturgie reste un facteur important », dit Dirk. « Il faut être capable de célébrer dans des circonstances appropriées. Si demain je devais célébrer la messe dans un réduit, avec comme autel une planche à repasser, alors je ferais mieux de fermer boutique. L’exemple est exagéré, mais le message me semble clair. »

À Jette, la paroisse organise régulièrement des « journées portes ouvertes ». À cette occasion, l’église est alors plus joliment décorée que d’habitude – et cela signifie quelque chose à Jette. C’est une façon, pense Dirk, de faire de l’évangélisation : « Nous essayons de faire connaître l’esprit de Jésus-Christ envisagé par l’Église catholique à ceux qui ne Le connaissent pas ou plus. Ce qui ne fonctionne absolument pas, c’est de noyer les gens dans une abondance d’informations. Par-dessus tout, nous ne devons pas essayer de les convertir avant tout – dans ce cas, les gens s’enfuiraient. »

ENSEMBLE AUTOUR DE LA BIBLE

Ce qui est également important pour la communauté ecclésiale de l’avenir, c’est la catéchèse initiatique. Nous pensons spontanément aux jeunes enfants qui se préparent à la communion et à la confirmation. Dirk Vannetelbosch constate que c’est une idée étrange : après la confirmation, notre initiation à la foi semble soudainement être terminée. « Comme si nous étions soudainement ‘accomplis’. Je suis heureux que l’intérêt pour la Bible augmente dans notre paroisse. Il arrive encore trop rarement que les gens se réunissent pour lire la Bible et pour en parler. »

La diaconie doit également conserver une place prépondérante dans la paroisse. L’abbé Dirk : « Sans ce service, comment impliquer les personnes âgées, les malades et les moins fortunés dans la communauté ecclésiale locale, et vice versa ? J’exhorte les visiteurs des malades de Jette à ne pas se limiter à apporter une fleur aux gens qu’ils connaissent bien. Il faut aussi que notre lieu d’accueil soit accessible et que les gens y puissent parler et partager leurs soucis. Le café avec des biscuits rend ce service peu plus accueillant. »

Propos recueillis par Louis Defives

Cet article a été publié dans notre revue Marie, médiatrice et reine de décembre 2021.

Les musulmans sont-ils nos frères?

Dans cette rubrique, nous abordons chaque mois un sujet brûlant de la foi. Pour ce numéro, nous avons eu une conversation avec l’écrivain Jonas Slaats sur ce qui relie les chrétiens et les musulmans. Et malgré les clichés, il y a plus que vous ne le pensez.

L’islam a mauvaise réputation. Les musulmans sont souvent rattachés à la même catégorie que les terroristes et les fondamentalistes. Dans les reportages sur l’avancée des Talibans en Afghanistan, à la fin de l’été, Mahomet et ses disciples ont été rapidement montrés du doigt. Et puis, le fossé entre le christianisme et l’islam semble infranchissable.
Le théologien, philosophe et anthropologue Jonas Slaats a les deux pieds dans la tradition chrétienne, mais étudie, depuis des années, les religions orientales. « L’aversion pour l’islam est aussi vieille que l’islam lui-même », dit-il. « Au début du VIIe siècle, Mahomet a commencé à prêcher à La Mecque. Moins de cent ans plus tard, l’islam s’est répandu de l’Espagne au Pakistan actuel et est devenu la religion de ceux qui étaient au pouvoir. Il s’est développé au moment où l’Empire romain et ses vassaux vivaient la décadence. Les dirigeants européens ont vu leurs territoires se rétrécir tandis que cette nouvelle religion semblait s’épanouir par elle-même. »

« L’islam a longtemps été considéré comme une hérésie, dit Slaats. Aux yeux des chrétiens médiévaux, Mahomet n’était pas le fondateur d’une nouvelle religion, mais plutôt une sorte de gourou qui avait guidé ses disciples sur la mauvaise voie. Sur ses entrefaites, le monde occidental a été fortement influencé par l’islam. Il suffit de penser aux cathédrales gothiques, avec leurs élégants arcs en ogives. Ce sont des joyaux de notre architecture chrétienne, mais les médiévaux se sont en fait inspirés du Dôme du Rocher à Jérusalem et d’autres anciens bâtiments islamiques. Dans le domaine de la philosophie, des mathématiques et de l’astronomie, par exemple, l’Occident est également redevable des travaux des savants musulmans. »

Marie au centre du Coran

Quiconque lit le Coran, le livre saint des musulmans, rencontrera de nombreux noms familiers, comme celui d’Ibrahim (Abraham), le prophète à qui Dieu a demandé de sacrifier son fils. La fête islamique du sacrifice rappelle à nous aussi la scène émouvante citée dans le livre de la Genèse. Puis, le personnage de Maryam (Marie) attire notre attention.

« Marie est littéralement le centre du Coran », dit Jonas Slaats. « Une sourate – disons un chapitre – au milieu de ce livre cite son nom. Soit dit en passant, elle est la seule femme mentionnée par son nom. Elle est une figure importante dans la tradition coranique : elle a donné naissance au prophète Jésus, que certains musulmans considèrent comme le Messie. La naissance virginale est un point discuté, ce qui montre l’imbrication séculaire entre les religions juive, chrétienne et islamique. »

Louis Defives

Lire plus? Cet article est paru dans notre revue Marie, médiatrice et reine. Un abonnement annuel ne coûte que 23 €. Vous pouvez également essayer la revue avec un abonnement d’essai. Plus d’informations ici!

Retraite ‘Marie qui défait les noeuds’

L’organisation ‘Marie qui défait les noeuds’ fait une retraite mariale de deux jours à Banneux en novembre. Découvrez les détails ci-dessous!

26 au 28 novembre 2021

« Marie nous invite à déposer à ses pieds nos soucis, nos souffrances, nos douleurs »

« La retraite en confiance » vous est proposée afin de pouvoir  remettre à la Vierge Marie, « Celle qui défait les nœuds », toutes les  difficultés insolubles à vue humaine qui étouffent votre vie:  soucis de famille, de santé, de travail, de logement,  dépendances, etc..

Cette courte retraite est conçue pour achever dans la confiance et avec un soutien spirituel la neuvaine que vous aurez commencée chez vous 8 jours plus tôt. De nombreuses personnes ont été exaucées après cette neuvaine et en ont témoigné.

Ces sessions comportent des temps d’enseignement, d’adoration, d’entretien, avec la possibilité de recevoir le sacrement de réconciliation, et bien sûr d’assister à la messe.

Accordez-vous ce temps privilégié pour vous retrouver, demander, discerner,  vivre une belle expérience de prière communautaire, reprendre des forces et recevoir des pistes de réflexion et d’action pour que les «nœuds» de votre vie se dénouent, peu à peu, grâce à la présence et à l’intercession de Celle qui est notre mère!

Un temps privilégié pour demander, discerner et puiser à la source des sacrements. Un temps unique de ressourcement et de retour sur soi pour choisir d’exercer la miséricorde envers soi et ses proches. Un temps pour poser son fardeau devant Marie qui défait les noeuds.
Un temps d’échange pour être consolé, conseillé, et pour vivre des moments intenses. Un temps de silence pour adorer le Seigneur dans son Eucharistie, et aussi dans sa création.

Chaque retraite est conçue pour achever, dans une démarche de confiance et d’abandon, la neuvaine à Marie qui défait les noeuds 1 commencée, chez soi, 6 jours plus tôt.

Programme*

Vendredi

16 h 30 : Accueil, café, installation
18 h : Méditation du 7ème jour de la neuvaine
19 h : Dîner en commun
20 h : Veillée. Présentation générale de la retraite
Il n’y a pas de messe prévue le vendredi soir.

Samedi

La journée se déroule en silence. Chacun, en s’inscrivant, s’engage donc à vivre ce silence et à le respecter, pour soi et pour les autres.

Matinée
8 h : Petit déjeuner
9 h : Enseignement
11 h 15 : Messe
12 h 30 : Déjeuner

Après-midi
14 h : Le message du Sanctuaire
15 h : Enseignement
Temps personnel
17 h 30 : Oraison à la chapelle
Méditation du 8ème jour de la neuvaine
19 h : Dîner
20 h 30 : Veillée de réconciliation
Adoration du Saint Sacrement.

Dimanche

La journée se déroule en silence jusqu’au déjeuner

Matinée
8 h : Petit déjeuner
9 h : Enseignement
9ème jour de la neuvaine. Procession pour la remise du noeud de
chacun. Consécration à Marie
11 h : Messe
12 h 30 : Déjeuner festif

Après-midi
14 h : Enseignement
15 h : Librairie
16 h : Envoi dans le monde

Les places sont nécessairement limitées. Les inscriptions sont prises dans leur ordre d’arrivée. Ne tardez pas à renvoyer le formulaire. (cf. : verso)

* Des modifications à ce programme peuvent être apportées en fonction des attentes des participants et de la disponibilité des lieux.

Image: Johann Georg Melchior Schmidtner/Wikimedia Commons

Sommes-nous les maîtres de la terre ?

Inondations en Europe, sécheresse extrême dans le Sud : que se passe-t-il ? L’homme en est-il responsable ? Notre rapport à la création est-il toujours correct ? Nous l’avons demandé à Luc Vankrunkelsven, Bruxellois et vrai citoyen du monde, qui a fait de l’écologie son cheval de bataille.

Nous, les humains, avons toujours eu une relation compliquée avec la nature. Dans l’Ancien Testament, un monde peuplé de petits paysans, la création apparaît souvent comme une menace. Il suffit de penser aux catastrophes naturelles – les « fléaux », grâce
auxquels Yahvé libère les Israélites et aux aventures vécues lors de leur chemin vers la Terre Promise. Or, dans la Bible l’homme est intendant : Dieu lui commande de gérer la terre.
« On peut interpréter cette intendance de différentes manières », explique Luc Vankrunkelsven. « Le fait que nous devions prendre soin de l’environnement est un principe noble. Mais dans la pratique, la machine s’est emballée : si la tâche de l’homme était de gérer la terre, il lui est venu l’idée de contrôler la planète. Nous pensons que nous sommes les maîtres, alors qu’en réalité nous sommes nous-mêmes un rouage de cet écosystème. Nous ne connaissons plus notre place, avec toutes les conséquences désastreuses que cela implique. »

Un vieux rêve

Luc Vankrunkelsven est dans son élément quand il s’agit de l’environnement. Bien avant que la question du climat ne soit à l’ordre du jour des dirigeants mondiaux, il écrivait déjà des livres sur ce sujet. Pendant cinq ans, il a vécu alternativement en Belgique et au Brésil, où il a travaillé pour un syndicat qui unissait les fermes familiales.
« Adolescent, j’étais déjà fasciné par la population qu’on appelait les ‘Indiens’, les peuples autochtones d’Amérique du Sud », dit Luc. « À mes 18 ans, j’ai rejoint les Norbertins d’Averbode. Après tout, je savais qu’ils avaient une fondation au Brésil. Mais les choses se sont passées différemment : après mes études, l’Abbé m’a donné un emploi dans notre abbaye. »

Responsable de la maison de retraite d’Averbode, Luc en a profité pour aborder des sujets qui lui tenaient à coeur, comme l’agriculture équitable. C’est ainsi qu’est né, depuis trente ans déjà, Wervel, un mouvement qui s’est engagé pour une vision saine de l’alimentation. Mais en 2000, un vieux rêve est devenu réalité : avec l’approbation de l’Abbé, Luc fut autorisé à aller au Brésil pendant six mois.
« Avec l’aide d’un confrère, j’ai vite appris un peu de portugais, pour pouvoir me rendre plus ou moins compréhensible lors de mes pérégrinations dans cet immense pays », se souvient Luc.
« Dans la capitale Brasília, je me suis retrouvé en pleine manifestation de représentants d’environ 200 peuples indigènes – les ‘Indiens’ que j’admirais quand j’étais enfant – dans la rue pour dénoncer la discrimination : ce fut près de 500 ans après l’invasion des Portugais. C’était une expérience qui m’a vraiment touché. »

Soja brésilien et porcs belges

Cela ne s’est pas arrêté après un seul voyage au Brésil. Depuis lors, le norbertin motivé vit à Bruxelles et il est un conférencier recherché dans les universités et hautes-écoles brésiliennes. Ses livres ont été traduits en portugais. L’un de ses chevaux de bataille est le Cerrado. Cette région naturelle de savane boisée, environ 65 fois plus grande que la Belgique, est menacée par l’évolution de l’industrie du soja.

« À l’heure actuelle, près de la moitié du Cerrado a été défrichée », explique Luc. « Vous pouvez voir des champs de soja à perte de vue. Il en résulte une pénurie d’eau et une grave sécheresse. C’est une catastrophe pour la population locale. Et notre industrie alimentaire en est responsable. Tant que la demande de soja continuera d’augmenter
en Europe et en Chine, le Cerrado va rétrécir. »

Lire plus? Cet article est paru dans notre revue Marie, médiatrice et reine. Un abonnement annuel ne coûte que 23 €. Vous pouvez également essayer la revue avec un abonnement d’essai. Plus d’informations ici!

Alexandre, vicaire en temps de covid

Pour Alexandre Wallemacq, l’été 2020 est inoubliable. Entre deux confinements, il est ordonné prêtre dans la cathédrale des Saints Michel et Gudule à Bruxelles. Aujourd’hui, un an plus tard, il travaille comme vicaire dans le Brabant wallon. C’est le moment de jeter un regard en arrière.

Rien n’est évident en ce « temps corona » et Alexandre Wallemacq l’a experimenté. Après une formation de sept ans au séminaire, il attendait avec impatience son ordination sacerdotale, mais le virus menaçait de contrarier les prévisions. « Je devais être ordonné le 20 Juin, mais nous avons dû modifier la date.

Ce n’est qu’au début du mois de juin que les diocèses ont reçu le feu vert pour célébrer l’eucharistie en public. Avec plus de deux mois de retard, je suis enfin ordonné le 30 août. Le bourgmestre de Bruxelles a exceptionnellement permis à 200 personnes d’être présentes, pour l’occasion, dans la cathédrale, bien sûr avec des masques. »

À la recherche de sens

Avant d’entrer au séminaire, à l’âge de 26 ans, Alexandre a travaillé pendant plusieurs années dans un grand magasin de sport dans sa ville de Wavre. « Je suis croyant depuis mon très jeune âge », dit-il. « Mais devenir prêtre ? Si on m’avait posé cette question quand j’avais 18 ans, j’aurais répondu non. Ce n’est qu’à l’université que j’ai entendu l’appel de Dieu. Mais en même temps, je savais que je n’étais pas prêt. Après mes études, j’ai pu devenir manager chez Décathlon. Un milieu particulièrement passionnant, avec une ambiance de travail agréable et de bons collègues. Nous avons même commencé à faire du sport ensemble. »

« Pourtant, quelque chose me travaillait. En raison de mon travail dans le secteur sportif, j’ai contribué au bien-être des gens, mais j’ai senti que je pouvais faire plus pour eux. Mon directeur pensait que j’avais besoin de plus de défis dans mon travail, mais ce n’était pas le cas. L’appel à la prêtrise a refait surface, tout comme à l’université. Je me souviens d’avoir travaillé un samedi et de m’être présenté le lendemain à la porte du séminaire. »

Un début difficile

Peu de temps après son ordination, Alexandre est nommé vicaire en Brabant wallon, dans la paroisse de Jodoigne, qui compte quatre églises et fait partie d’une unité pastorale comptant plusieurs clochers. « Le début a été très difficile », dit Alexandre. « Je suis devenu responsable de la pastorale des personnes âgées, mais les résidents des maisons de repos n’étaient pas autorisés, à ce moment-là, à recevoir des visites. Je suis allé une fois dans un home pour administrer le sacrement des malades à un résident. Heureusement, quelques mois plus tard, les mesures ont été assouplies. L’aumônerie a été relancée petit à petit, à la demande des directeurs de maisons de retraite : certains résidents étaient devenus vraiment désespérés parce qu’ils n’avaient vu presque personne depuis longtemps. »

La crise du corona crée parfois aussi des opportunités inattendues. Le jeune prêtre rêvait de témoigner de sa foi à Saint-Albert, l’école d’à côté. « Mais ils n’ont pas été autorisés à inviter quelqu’un de l’extérieur à l’école. ‘Cependant, nous sommes à la recherche d’un professeur de religion pour quelques heures par semaine’, dit le directeur. Une opportunité ! Je trouve hyper-intéressant de parler de ma foi avec des adolescents. »

QUI EST ALEXANDRE WALLEMACQ ?

Alexandre Wallemacq est né à Uccle en 1986. Ainé d’une famille de quatre enfants, il a vécu à Wavre depuis l’âge de six ans. Après ses humanités, il choisit l’École Royale Militaire, mais au bout d’un an, il décide d’étudier l’éducation physique à Louvain-la-Neuve. Il travaille ensuite, pendant plusieurs années, comme manager chez Décathlon. En 2013, il commence sa formation pour devenir prêtre et est ordonné le 30 août 2020 par Mgr Jean-Luc Hudsyn, évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles. Il est nommé vicaire dans l’unité pastorale de Jodoigne.

Chanter devant la fenêtre

L’abbé Wallemacq remarque que la crise sanitaire a forcé les communautés locales à la créativité. « Quand il s’agit d’aspects techniques, tout le monde regarde dans ma direction. Normal quand on est jeune prêtre ! » sourit-il. « À Jodoigne, nous avons organisé des célébrations télévisées. Nous avons également créé une liste de tous les paroissiens qui ne sont pas familiers avec le courrier électronique ou l’Internet. Ces personnes ont reçu, par exemple, un appel téléphonique ou un courrier postal. Il était important que personne ne se sente exclu à un moment où le contact humain était rendu plus difficile de tous les côtés. C’est ainsi que nous sommes allés avec les scouts devant la maison de retraite. Les fenêtres se sont ouvertes et, debout à une distance sécuritaire, nous avons chanté des chants de Noël pour les résidents. Ce sont de petites initiatives qui ont encore un bon résultat. »

Certaines de ces « méthodes de travail corona » ont continué à fonctionner, dit Alexandre : « C’est ainsi que je guide certains couples dans leur préparation au mariage. Parce qu’il n’est pas évident d’inviter des gens, je les vois à travers les réunions Zoom. Et cela fonctionne très bien, même si je me rends compte qu’il sera toujours préférable de pouvoir vraiment rencontrer les gens, surtout quand on veut avoir une conversation sérieuse. »

Un temps de désert

Alexandre n’est pas de ceux qui craignent que de nombreux croyants soient devenus étrangers à leur église paroissiale à cause de la crise. À son avis, cela dépend en grande partie de la dynamique de la paroisse avant le déclenchement de la pandémie. Il croit que beaucoup de gens ont saisi l’occasion d’approfondir leur foi. « Ce temps, parfois sans eucharistie, c’est aussi un temps de désert. On est forcé de faire l’expérience de sa foi différemment, peut-être plus profondément qu’avant. Si nous pouvons espérer célébrer à nouveau l’eucharistie ensemble, les membres de l’église auront subi une transformation vers le mieux. Ils ont pu approfondir leur foi, tout comme le peuple hébreu, qui a traversé le désert pendant quarante ans. »

Louis Defives

Cet article a été publié dans notre revue Marie, médiatrice et reine de septembre 2021. Découvrez notre revue ici.

Le Sanctuaire de Horion-Hozémont fête son dixieme anniversaire

Alors que, en Belgique, beaucoup d’églises et de couvents doivent fermer leurs portes fautes de fidèles et de vocations, le Sanctuaire de l’Enfant Jésus de Prague à Horion-Hozémont (diocèse de Liège) est un « petit miracle ». En effet, les responsables accueillent de nombreux pèlerins et ont construit récemment un couvent pour accueillir une communauté de religieuses de la congrégation des Amantes de la Croix.

« En arrivant dans cette paroisse, si on m’avait dit qu’elle deviendrait un centre reconnu de pèlerinage et qu’il y aurait un couvent à côté de l’église, je n’y aurai jamais cru ! » nous dit l’abbé Pierre Kokot, recteur du Sanctuaire. « Et pourtant, je n’ai fais que répondre à l’Enfant Jésus qui a frappé à la porte de mon coeur. »

Trois jours de prière

« Les premiers pèlerins sont venus par « le bouche à oreilles ». Initialement, aucun accueil particulier n’avait été pensé car nous n’imaginions pas « créer » un pèlerinage. Dès lors, les meilleurs ambassadeurs du Sanctuaire sont les pèlerins aux-mêmes qui invitent leurs proches à venir nous rejoindre » raconte l’abbé Kokot.
« Je suis à chaque fois dans l’émerveillement que je rencontre des fidèles qui font parfois des centaines de kilomètres pour venir prier avec nous. Désormais, une bonne infrastructure permet de recevoir les pèlerins dans 2 salles d’accueil prévue à cet effet dans le nouveau couvent des Soeurs. »

Cette année est particulière puisqu’on fête le 10ème anniversaire du Sanctuaire. On vous accueille pour 3 jours de prières du vendredi 13 au dimanche 15 août 2021. Ici vous trouverez toutes les infos. En plus, Gérard van Haeperen publiera un article sur l’histoire du Sanctuaire dans notre revue Marie, médiatrice et reine (édition d’octobre).

« Le virus de Lourdes m’a pris »

Tous ceux qui se sont déjà rendus à Lourdes avec les Pèlerinages Montfort ont sans doute déjà rencontré Robrecht De Gersem, notre bénévole sur place. Entretien avec un homme pour qui Lourdes est sa deuxième maison.

« Lorsque j’étais enfant, pendant et après la guerre, ma mère m’a donné de l’huile de foie de morue, une boisson jaune déplaisante. « Ce sont des vitamines pour devenir grand et fort », affirmait-elle. Quand j’ai obtenu mon diplôme d’instituteur, nous sommes allés à Lourdes et là, j’ai eu des vitamines spirituelles plus agréables. J’ai été autorisé à diriger occasionnellement la chorale pendant la célèbre procession aux flambeaux, qui m’a complètement accueillie. J’ai vraiment attrapé le virus de Lourdes et je n’ai pas besoin d’un vaccin contre cela. »

Robrecht De Gersem, notre pilier des Pèlerinages Montfort à Lourdes depuis 1995, prend la parole. La célèbre procession aux flambeaux n’est pas la seule chose qui le touche à la grotte. « Quand je suis allé pour la première fois à Lourdes lorsque j’étais encore jeune homme, la confrontation avec des gens vraiment malades dans des charrettes bleues m’a touché », a-t-il déclaré. « Après ma carrière d’enseignant, j’ai eu l’occasion de me joindre aux Montfortains et d’y faire du travail logistique. Je n’arrive pas à croire quels contacts et rencontres m’ont été révélés ! »

Il y a de l’électricité dans l’air

« Lourdes » évoque des sentiments controversés. Robrecht De Gersem s’en rend également compte: « Certains se détournent et résistent quand ils entendent la chanson « À Lourdes sur la montagne ». D’autres haussent les épaules avec indifférence, mais quand vous venez à Lourdes, vous êtes frappé, que vous le vouliez ou non. C’est inexplicable, mais il faut se démarquer par le service qui prévaut. La façon dont les jeunes entrent en contact avec des personnes malades ou handicapées les transforme et les laisse marqués. »

Et il y a la rencontre avec Bernadette Soubirous, la bergère à qui Marie est apparue à plusieurs reprises en 1858. « Bernadette est la star du message, ni plus, ni moins. Essayez de marcher dans ses sabots, debout, agenouillé. Et s’il est possible de vous rendre à son endroit désigné pour vous agenouiller devant la grotte, il y a de l’électricité dans l’air. Vous devez l’expérimenter par vous-même, il n’y a pas de mots pour cela. Un étudiant hongrois de 18 ans pourrait vous en dire plus à ce sujet et vous impressionner. »

À Lourdes, on m’appelle Robert de Montfort

image: AdobeStock

« Je ne savais vraiment rien du fondateur des Montfortains, Louis-Marie Grignion de Montfort », confesse Robrecht. Mais cela a changé depuis: « J’ai marché en France sur les pas de Montfort, je suis même resté dans sa ville natale et j’ai étudié le cours de sa vie jusqu’à son tombeau à Saint-Laurent. Les impressions que j’ai eues, c’est incroyable, et après tant d’années à Lourdes, c’est un honneur pour moi qu’on m’y nomme « Robert de Montfort ». Combien de pèlerins m’ont découvert à ma Permanence 19, où chaque rencontre est un enrichissement pour moi. »

En raison des restrictions de voyage et d’autres interdictions dues au Covid, Robrecht a été privé de sa deuxième maison pendant longtemps. Comme nous, il attend avec impatience le prochain voyage à Lourdes des Pèlerinages montfortains, qui est prévu à la fin de l’été. « Pendant le « temps covid », Lourdes m’a manqué, mais le brouillard se dissipe et le soleil se lèvera en septembre, quand je pourrai dire à nouveau: « Marie, merci de m’avoir permis de me tenir à nouveau devant ta grotte. » »

Du 13 au 17 septembre 2021, nous nous rendrons à Lourdes, avec le père Daniel-Marie Ramiro-Gonzales (abbaye Notre-Dame de Leffe) comme accompagnateur. Vous trouverez ici plus d’informations sur les prix et le programme du pèlerinage.