Le Sanctuaire de Horion-Hozémont fête son dixieme anniversaire

Alors que, en Belgique, beaucoup d’églises et de couvents doivent fermer leurs portes fautes de fidèles et de vocations, le Sanctuaire de l’Enfant Jésus de Prague à Horion-Hozémont (diocèse de Liège) est un « petit miracle ». En effet, les responsables accueillent de nombreux pèlerins et ont construit récemment un couvent pour accueillir une communauté de religieuses de la congrégation des Amantes de la Croix.

« En arrivant dans cette paroisse, si on m’avait dit qu’elle deviendrait un centre reconnu de pèlerinage et qu’il y aurait un couvent à côté de l’église, je n’y aurai jamais cru ! » nous dit l’abbé Pierre Kokot, recteur du Sanctuaire. « Et pourtant, je n’ai fais que répondre à l’Enfant Jésus qui a frappé à la porte de mon coeur. »

Trois jours de prière

« Les premiers pèlerins sont venus par « le bouche à oreilles ». Initialement, aucun accueil particulier n’avait été pensé car nous n’imaginions pas « créer » un pèlerinage. Dès lors, les meilleurs ambassadeurs du Sanctuaire sont les pèlerins aux-mêmes qui invitent leurs proches à venir nous rejoindre » raconte l’abbé Kokot.
« Je suis à chaque fois dans l’émerveillement que je rencontre des fidèles qui font parfois des centaines de kilomètres pour venir prier avec nous. Désormais, une bonne infrastructure permet de recevoir les pèlerins dans 2 salles d’accueil prévue à cet effet dans le nouveau couvent des Soeurs. »

Cette année est particulière puisqu’on fête le 10ème anniversaire du Sanctuaire. On vous accueille pour 3 jours de prières du vendredi 13 au dimanche 15 août 2021. Ici vous trouverez toutes les infos. En plus, Gérard van Haeperen publiera un article sur l’histoire du Sanctuaire dans notre revue Marie, médiatrice et reine (édition d’octobre).

« Le virus de Lourdes m’a pris »

Tous ceux qui se sont déjà rendus à Lourdes avec les Pèlerinages Montfort ont sans doute déjà rencontré Robrecht De Gersem, notre bénévole sur place. Entretien avec un homme pour qui Lourdes est sa deuxième maison.

« Lorsque j’étais enfant, pendant et après la guerre, ma mère m’a donné de l’huile de foie de morue, une boisson jaune déplaisante. « Ce sont des vitamines pour devenir grand et fort », affirmait-elle. Quand j’ai obtenu mon diplôme d’instituteur, nous sommes allés à Lourdes et là, j’ai eu des vitamines spirituelles plus agréables. J’ai été autorisé à diriger occasionnellement la chorale pendant la célèbre procession aux flambeaux, qui m’a complètement accueillie. J’ai vraiment attrapé le virus de Lourdes et je n’ai pas besoin d’un vaccin contre cela. »

Robrecht De Gersem, notre pilier des Pèlerinages Montfort à Lourdes depuis 1995, prend la parole. La célèbre procession aux flambeaux n’est pas la seule chose qui le touche à la grotte. « Quand je suis allé pour la première fois à Lourdes lorsque j’étais encore jeune homme, la confrontation avec des gens vraiment malades dans des charrettes bleues m’a touché », a-t-il déclaré. « Après ma carrière d’enseignant, j’ai eu l’occasion de me joindre aux Montfortains et d’y faire du travail logistique. Je n’arrive pas à croire quels contacts et rencontres m’ont été révélés ! »

Il y a de l’électricité dans l’air

« Lourdes » évoque des sentiments controversés. Robrecht De Gersem s’en rend également compte: « Certains se détournent et résistent quand ils entendent la chanson « À Lourdes sur la montagne ». D’autres haussent les épaules avec indifférence, mais quand vous venez à Lourdes, vous êtes frappé, que vous le vouliez ou non. C’est inexplicable, mais il faut se démarquer par le service qui prévaut. La façon dont les jeunes entrent en contact avec des personnes malades ou handicapées les transforme et les laisse marqués. »

Et il y a la rencontre avec Bernadette Soubirous, la bergère à qui Marie est apparue à plusieurs reprises en 1858. « Bernadette est la star du message, ni plus, ni moins. Essayez de marcher dans ses sabots, debout, agenouillé. Et s’il est possible de vous rendre à son endroit désigné pour vous agenouiller devant la grotte, il y a de l’électricité dans l’air. Vous devez l’expérimenter par vous-même, il n’y a pas de mots pour cela. Un étudiant hongrois de 18 ans pourrait vous en dire plus à ce sujet et vous impressionner. »

À Lourdes, on m’appelle Robert de Montfort

image: AdobeStock

« Je ne savais vraiment rien du fondateur des Montfortains, Louis-Marie Grignion de Montfort », confesse Robrecht. Mais cela a changé depuis: « J’ai marché en France sur les pas de Montfort, je suis même resté dans sa ville natale et j’ai étudié le cours de sa vie jusqu’à son tombeau à Saint-Laurent. Les impressions que j’ai eues, c’est incroyable, et après tant d’années à Lourdes, c’est un honneur pour moi qu’on m’y nomme « Robert de Montfort ». Combien de pèlerins m’ont découvert à ma Permanence 19, où chaque rencontre est un enrichissement pour moi. »

En raison des restrictions de voyage et d’autres interdictions dues au Covid, Robrecht a été privé de sa deuxième maison pendant longtemps. Comme nous, il attend avec impatience le prochain voyage à Lourdes des Pèlerinages montfortains, qui est prévu à la fin de l’été. « Pendant le « temps covid », Lourdes m’a manqué, mais le brouillard se dissipe et le soleil se lèvera en septembre, quand je pourrai dire à nouveau: « Marie, merci de m’avoir permis de me tenir à nouveau devant ta grotte. » »

Du 13 au 17 septembre 2021, nous nous rendrons à Lourdes, avec le père Daniel-Marie Ramiro-Gonzales (abbaye Notre-Dame de Leffe) comme accompagnateur. Vous trouverez ici plus d’informations sur les prix et le programme du pèlerinage.

La dévotion à Marie est-elle ringarde ?

Chaque mois, nous présentons une question de foi difficile à quelqu’un qui connaît le sujet. Cette fois, nous voulons savoir si le culte de Marie est encore de ce temps. Nous le demandons au père montfortain Nepo James Raj, qui exerce un ministère au sanctuaire de Montaigu.

Prier une dizaine de chapelet, brûler une bougie à l’autel de Notre-Dame ou décorer une chapelle au mois de mai : de telles expressions de dévotion mariale sont souvent déconsidérées. Pour certains, la dévotion à Marie est « quelque chose du passé », à la limite de la superstition. Le père Nepo connaît les préjugés auxquels sont confrontés les visiteurs des sanctuaires mariaux. « Quelqu’un m’a dit que dans des endroits comme Montaigu ou Lourdes, Marie prend la place de Dieu », dit-il. « Je pense que je sais comment un tel malentendu se pose.

Pour les croyants ordinaires, Dieu est inaccessible et distant. Il est ‘le Très-Haut’, comme nous le chantons dans le Sanctus. Beaucoup se sentent gênés de lui confier leurs préoccupations, comme s’ils accostaient le roi dans la rue. Ils ont besoin de Marie pour approcher Dieu. Comme le nom de notre revue le dit : Marie est notre médiatrice, elle intercède pour nous auprès de son Fils. »

Amour de mère

Père Nepo James : « On ne peut pas séparer la mère du Fils. »

Se référant au rôle de Marie en tant que médiatrice entre Dieu et les hommes, le père Nepo nous donne déjà une réponse à la question de savoir si la dévotion mariale a du sens à notre époque. Mais il y a plus : « À Montaigu, je ne vois pas seulement des visages souriants. Quand je fais la permanence à la maison des prêtres, en face de la basilique, je reçois aussi des gens qui sont à bout de souffle. Ils ont de graves problèmes financiers, se sentent impuissants, ont perdu de vue leur famille… Pour eux, Marie n’est pas seulement la mère de Dieu. Ils la voient un peu comme leur propre mère, à qui ils peuvent toujours exprimer leurs préoccupations. »

L’amour maternel est le mot clé, dit le Père Nepo : « Je viens de l’Inde, d’une société fortement patriarcale. Dans notre culture, les hommes ne montrent pas facilement leurs sentiments. Quand j’étais enfant, mon père attachait une grande importance aux règlements ; enfant câlin, pour m’expliquer, je pouvais aller à ma mère. Mes parents m’aiment tous les deux au même degré, mais montrent leur amour d’une manière différente. C’est la même chose avec le culte de Marie. Les gens veulent exprimer leur amour pour Dieu, et cette recherche se fait très souvent par la main tendue de notre mère Marie. »

Plus que de rituels

Nous examinons toutes sortes de phénomènes sociaux à travers des lunettes rationnelles. Selon le père Nepo, cela explique l’attitude suspecte de beaucoup, y compris dans l’Église, envers la croyance populaire et la dévotion à Marie en particulier. « Les gens veulent comprendre tout ce qu’ils voient et vivent. Il n’y a rien de mal à ça. Mais la foi n’est pas tout à fait raisonnable. Vous ne pouvez pas attraper Dieu comme un oiseau et le garder dans une cage. »

« Quiconque rejette le côté extérieur de la dévotion populaire comme des superstitions en ignore le sens profond », dit le père Nepo. « Que vous partiez en pèlerinage à pied ou que vous allumiez une bougie devant une statue de Marie, ces rituels font partie d’un tout plus vaste. Quand une jeune femme vient à Montaigu et allume une bougie pour ses parents malades, elle fait beaucoup plus qu’un petit geste. Elle montre qu’elle a confiance en Dieu, qu’elle l’aime ou qu’elle lui est reconnaissante. Montfort il y a trois siècles disait : pour aller à Jésus, nous devons aller à Marie. La
jeune dame dans la chapelle des cierges s’exprime sans paroles, mais moyennant quelques petits gestes. »

Père Nepo bénit deux cyclistes à Montaigu.

Foi vécue

Dans les années à venir, de nombreuses églises en Belgique seront réaffectées. Le père Nepo dit que les lieux de pèlerinage n’en viendront pas à cela : « Dans les années 1960, certains prêtres, qui n’avaient pas bien compris le Concile, ont fait retirer les statues de Marie de leur église. Les processions mariales ont été abolies. Pourtant, les croyants ont continué en masse à chercher des lieux de pèlerinage. L’amour mutuel entre Marie et le peuple est plus grand que nous ne le
pensons. »

« Si la Vierge Marie mérite une place dans notre société, cela dépend avant tout de la place que nous accordons à Jésus. On ne peut pas séparer la mère du Fils. Personne ne peut nier que de nombreuses paroisses sont en difficulté, pourtant, en Belgique, je vois de jeunes prêtres qui se lèvent et témoignent de Jésus d’une manière vécue. C’est vital, parce que si les gens ont le sentiment que la célébration eucharistique est ‘jouée comme une pièce de théâtre’, ils restent à l’écart. »

Desservant dominical à Hoegaarden, le père Nepo porte régulièrement la communion aux malades de la paroisse. « Bien sûr, je prends le temps pour une conversation, mais je remarque souvent l’inquiétude chez les gens. C’est compréhensible, parce que ce qui est dans le coeur est parfois difficile à exprimer. Il s’agit de choses qui sont souvent si douloureuses qu’ils n’osent pas les confier à qui que ce soit, pas même à un prêtre. Le fait que les gens ouvrent leur coeur à Marie montre à quel point leur foi est forte. Ils montrent aussi que la dévotion à Marie n’est certainement pas ringarde, mais a une grande pertinence. »

Louis Defives

Cet article a été publié dans notre revue Marie, médiatrice et reine de juillet-aout 2021. Découvrez notre revue ici.

Mois de mai, mois de Marie

Chaque année, de nombreux chrétiens se tournent vers Marie et la prient durant le beau mois de mai. On a coutume d’appeler ce mois ‘Le mois de Marie’ et de multiplier, en plein coeur du printemps, les actes de dévotion mariale.

Cette tradition plonge ses racines très loin dans l’histoire du peuple chrétien. Au Moyen-Age déjà, des scribes jouent avec le mot latin maia et écrivent madona. Le roi de Castille Alphonse X, au XIIIe siècle, parle de jours consacrés au culte marial en mai. Certains offrent des fleurs à la belle Dame, alors que la flore est en pleine éclosion. Au XVIe siècle, à Rome, saint Philippe Néri se plaît à fleurir la Vierge avec les enfants de l’église de sa congrégation, la Chiesa Nova. Progressivement, la dévotion s’étend. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les jésuites oeuvrent beaucoup à la diffuser dans toute l’Italie.

En 1815, le pape Pie VII l’approuve officiellement. Elle se répand alors partout dans le monde et devient patrimoine commun de l’Eglise universelle. En 1945, Pie XII l’encourage en plaçant le 31 mai, pour clôturer le mois, la fête de Marie Reine, aujourd’hui célébrée le 22 août.

Paul VI, dans son encyclique Mense Maio de 1965, fait de même et appelle les chrétiens à prier Marie pour la paix durant le mois de mai : nous sommes en pleine guerre froide. En 2020, alors que la pandémie de Covid-19 fait rage, le pape François renouvelle l’encouragement pontifical en invitant les fidèles à prier pour les malades.

Un bouquet pour la belle dame

Si les chrétiens ont depuis si longtemps ressenti le désir de prier plus particulièrement Marie durant le beau mois de mai, c’est parce que durant ce mois, la nature revit, fleurit, se pare de magnifiques couleurs. Ils sont heureux de se tourner vers la toute belle quand la création se fait resplendissante de beauté. Les fleurs, tout spécialement, contribuent à cette beauté. Et en offrir à Marie, en mai, quand elles sont si jolies, c’est lui dire qu’elle est belle. C’est lui exprimer notre amour pour elle, comme un enfant qui offre des fleurs à sa maman.

À Beauraing, l’aubépine dans laquelle Marie est apparue fin 1932, début 1933 fleurit en mai. De splendides fleurs roses entourent pendant quelques jours la statue de la Vierge au Coeur d’Or. Les pèlerins sont nombreux à venir déposer un bouquet en ce lieu où la Reine des cieux s’est montrée à cinq enfants, qui n’ont jamais trouvé de mots assez grands pour dire sa beauté. Ils viennent parfois en procession présenter leurs gerbes à la belle Dame, comme l’a appelée Albert Voisin, un des cinq enfants qui ont eu la grâce de la voir.

Aller à Jésus par sa Mère

Ces fleurs, comme toutes les belles choses qu’ils peuvent lui offrir, accompagnent leurs prières. Fleurir Marie, c’est lui dire qu’elle est belle et qu’on l’aime. C’est cela qui lui plaît. Elle est heureuse d’accueillir les fleurs et tous les cadeaux qu’on lui présente quand ils expriment de belles prières qui viennent du coeur. N’a-t-elle pas dit, à Beauraing et en bien d’autres lieux, de prier ? La prière d’un coeur sincère, c’est une fleur magnifique pour elle.

Le chapelet est une prière qu’elle affectionne tout particulièrement, car quand on prie le chapelet, on va à son Fils Jésus en passant par elle. Durant le mois de mai, les chrétiens prient plus régulièrement le chapelet dans les lieux de pèlerinage, dans les paroisses, mais aussi à la maison ou encore dans de petites chapelles ou devant des potales. Dans le village de Baronville où je suis curé, des paroissiens ont jusqu’il y a peu, prié le chapelet devant une statue de la Vierge de Beauraing durant le mois de mai. De mystère en mystère, ils ont médité les grands moments de la vie de Jésus
avec Marie : quelle belle prière !

Pour ceux qui souffrent

Des enfants offrent des dessins, des jeunes déposent des galets blancs sur lesquels ils ont écrit leur prénom, des seniors postent une lettre devant le lieu des apparitions dans laquelle, souvent, ils parlent de leurs enfants et petits-enfants, des dames font don de leurs bijoux… Multiples sont les
dévotions mariales que les fidèles pratiquent durant le joli mois de mai. Toutes touchent le coeur
maternel de Marie, qui aime chacun de nous. Beaucoup intercèdent quand ils se tournent vers elle. Il est bon de la prier pour toutes les personnes qui souffrent, en pensant plus particulièrement aux souffrances les plus aigües de l’heure. On fait alors ce à quoi les papes nous invitent.

Dans les années 1960, en pleine guerre froide, Paul VI a appelé les chrétiens à prier Marie pour la paix durant le mois marial. Aujourd’hui, le pape François nous encourage à confier à la Vierge Immaculée les malades et spécialement ceux qui sont victimes du coronavirus.

En ce beau mois de mai, tournons-nous vers Marie et présentons-lui nos vies, celles de nos proches, les réalités dans lesquelles nous vivons, la vie de notre Église et celle du monde. Prions-la pour les personnes qui souffrent et, en ce moment, pour les victimes de la pandémie. Avec une grande liberté, parlons-lui comme on parle à une mère et ouvrons-lui nos coeurs. Elle prendra toutes nos intentions dans le sien et les déposera dans le coeur de son Fils Jésus. Offrons-lui les fleurs de notre prière cordiale, pleine de confiance et de charité.

Abbé Christophe Rouard
Sanctuaires de Beauraing

Le pape appelle à un marathon de prière en mai

Le pape François appelle les catholiques du monde entier à prier Marie tous les jours pendant le mois de mai. La prière quotidienne du chapelet de millions de croyants doit être plus forte que le coronavirus, qui sévit dans le monde depuis plus d’un an maintenant.

Le marathon de prière commence le 1er mai et se termine le 31 mai, fête de la Visitation de Marie. Le dernier jour de prière, le Pape priera Notre-Dame, depuis le Vatican, pour la fin de la pandémie et la reprise rapide de la vie sociale.

Trente lieux de pèlerinage marial – de l’Argentine à l’Angleterre – ont rejoint l’appel du Vatican, chacun avec une intention spécifique. A Lorette, par exemple, des prières seront organisées pour les personnes âgées et, à Lourdes, pour les médecins et les infirmières. Dans notre pays, le sanctuaire de Banneux Notre-Dame y participe. La Vierge des Pauvres y est apparue en 1933 à la petite Mariette Beco. Des prières spéciales y auront lieu le mardi 11 mai pour les pauvres, les sans-abris ou ceux qui sont en difficulté économique.

Banneux Notre-Dame – Chapelle Saint-Michel

Le Pape demande que, dans le mois de mai à venir, une attention quotidienne soit accordée à la prière du chapelet, afin de confier nos intentions à Marie. Comme clôture du jour, il est bon de prier le ‘Je vous salue Marie’.

Prier sans cesse, comme Jésus nous l’a demandé, est le but de ce marathon de prière. Avec Marie comme médiatrice, notre prière quotidienne, que ce soit en communauté, à la maison ou sur la route, dans la voiture ou dans un lieu de pèlerinage régional, rejoint directement Dieu.

La rédaction

28 avril: la fête du Saint Montfort

Aujourd’hui, la liturgie commémore Saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Ce missionnaire français est mort le 28 avril 1716 à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée).Montfort était le fondateur de la congrégation que nous connaissons aujourd’hui comme les Montfortains. Ils sont, à leur tour, les fondateurs de la revue « Marie, Médiatrice et Reine » et des Pèlerinages de Montfort.

Qui entre aujourd’hui au couvent ?!

Qu’est-ce qui inspire à une jeune femme de tout quitter pour devenir religieuse ? Cette question, Rozemie Couckuyt l’a souvent entendue. Elle avait 23 ans lorsqu’elle entra chez les Soeurs Annonciades à Heverlee. Un pas audacieux ! Mais, plus de trente ans plus tard, Soeur Rozemie est plus que jamais convaincue qu’elle prit alors la bonne décision.

L’Institut du Sacré-Coeur d’Heverlee, à la périphérie de Leuven, est un impressionnant complexe de bâtiments. Sur le domaine, on trouve une école maternelle et primaire, mais aussi une section secondaire. À cela, il faut ajouter les résidents et les visiteurs du centre de soins et les étudiants de la haute école. Rozemie
Couckuyt, originaire de Wevelgem en Flandre Occidentale faisait partie de ce dernier groupe depuis le début des années 1980. « J’ai commencé à Heverlee ma formation d’enseignante pour l’école maternelle. Hélas, j’ai dû refaire la première année et j’ai alors choisi une autre école. »

Ce n’était pas pour moi une véritable séparation d’Heverlee : « À l’internat, j’avais de bonnes relations avec quelques soeurs. Nous sommes restées en contact et peu à peu j’ai été attirée par leur manière de vivre. Ce qui m’a le plus frappée, c’est qu’elles concrétisaient leurs paroles en actes. Les soeurs que j’ai appris à connaître s’engageaient chaque jour au service des malades, des pauvres et des enfants. Quelle différence avec les leçons de religion qui m’ont été inculquées dans mon enfance ! À cette époque, il me semblait parfois que la Bonne Nouvelle s’arrêtait quand la cloche sonnait… »

COMME UN MARIAGE

Quelques années plus tard, un article du bulletin paroissial m’a frappée : « Celui qui voit une soeur Annonciade devrait voir Marie, vivant à notre époque » disait-il. Cette phrase a continué à brûler dans le coeur de Rozemie qui, entretemps, était devenue institutrice maternelle en Flandre Occidentale. « Peu de temps après, en 1987, j’ai fait le pas pour entrer chez les Annonciades », se souvient-elle. « À la maison, les membres de ma famille ont soutenu mon choix et cela m’a sûrement aidée. Quelques personnes de mon entourage ont réagi avec inquiétude : entrer au couvent, cela signifie pour beaucoup de gens abandonner
beaucoup. Mais en famille, ne devez-vous pas faire sans cesse des choix ? »

Et tout comme dans le mariage, la vie religieuse est pleine de hauts et de bas. « Je ne suis pas un robot. Obéir à une supérieure, quand elle ne vous revient pas, est parfois difficile. Aux environs de ma quarantième année, j’ai commencé à douter de ma vocation. Je fus alors envoyée en pèlerinage en Terre Sainte, même si je n’en n’avais pas vraiment envie. Grâce au père Fabry, j’ai fait, pendant ce voyage, la connaissance du Père de Montfort. Sa spiritualité m’a frappée, parce qu’il était un homme d’action. Il ne se limitait pas à des beaux sermons, mais il retroussait ses manches. »

MARIE COMME FORCE MOTRICE

Comme dans la spiritualité montfortaine, Marie a une place importante dans la pensée et l’agir des Annonciades. « Être servante comme Marie reste pour moi une force motrice », dit Soeur Rozemie qui, après son entrée dans la congrégation, a pu travailler à l’Institut du Sacré-Coeur. Elle y a enseigné à l’école maternelle où, aujourd’hui, elle est professeur de gymnastique. À côté de cela, elle donne un coup de main dans la maison de repos située sur le campus. « Quand les gens me disent qu’une religieuse doit sacrifier beaucoup, je réponds honnêtement qu’à l’école je traite les tout-petits comme s’ils étaient mes propres enfants. Pour moi et pour les autres soeurs, en nous mettant très concrètement au service des gens, nous voulons ressembler à Marie, même maintenant en attrapant de l’âge. »

PETITES CREVETTES

Soeur Rozemie aborde ici un sujet très actuel : le vieillissement des communautés religieuses dans notre pays. Presque chaque semaine, on apprend la fermeture de couvents en Wallonie et en Flandre : les dernières soeurs déménagent vers une maison de repos et de soins et les bâtiments qu’elles occupaient sont vendus. Les Soeurs Annonciades sont environ septante en Belgique ; le nombre de ‘jeunes’ – qui ont moins de 60 ans – peut se compter sur les doigts d’une main. « Combien êtes-vous encore ici? » C’est la question que beaucoup de Pères, Frères et Soeurs sont habitués à entendre.

« Quand je suis entrée au couvent, la diminution des vocations avait déjà commencé » dit Soeur Rozemie. « J’ai donc vu beaucoup de congrégations se rétrécir, et des couvents se fermer… Naturellement, cela ne me laisse pas indifférente. Chez nous, c’est encore plus flagrant car le domaine est envahi quotidiennement par plusieurs milliers d’enfants et de jeunes. Comme religieuses, nous ressemblons à de petites crevettes dans la masse des jeunes. »

MOUVEMENT DE VAGUES

Selon Soeur Rozemie, la diminution du nombre de vocations s’explique par le manque de points de contact. Récemment, un journal a publié un reportage sur les religieux dans l’enseignement. Ils deviennent rares, note le journaliste. « Beaucoup de jeunes ont une fausse idée de ce qu’est la vie religieuse », dit Rozemie. « Jadis, chacun comptait bien un religieux ou une religieuse parmi les membres de sa famille. Aujourd’hui, les jeunes ont moins de contacts avec des personnes qui témoignent de leur foi. » Rozemie ne se compte certainement pas parmi les derniers des Mohicans : « Si j’ai retenu quelque chose de mon noviciat, c’est que la vie religieuse continue par vagues. L’histoire nous le prouve. Aujourd’hui, en Belgique, nous sommes clairement dans le creux de la vague. Mais notre Congrégation continue à être florissante au Congo et au Burundi. Je suis convaincue que la vie religieuse existera toujours, sous quelque forme que ce soit. »

Glenn Geeraerts

Cet article a été publié dans notre revue Marie, médiatrice et reine d’avril 2021. Découvrez notre revue ici.

Pourquoi les gens vont-ils en pèlerinage ?

Qu’est-ce qui pousse les gens à se rendre dans un lieu de pèlerinage ? Même pour les pèlerins chevronnés, c’est une question à laquelle ils doivent réfléchir longtemps. Avec l’abbé Léo Palm, recteur du sanctuaire de Banneux, nous sommes à la recherche d’une réponse.

Léo Palm, recteur du sanctuaire de Banneux

Même par un temps pluvieux printanier, on ne peut pas le nier, Banneux se trouve dans une belle région, sur la route touristique vers Spa, et on peut déjà y sentir l’air des Ardennes. Un environnement de rêve pour un sanctuaire. « Mais, ne l’oubliez pas, c’est Marie qui a choisi cet endroit » dit Léo Palm quand nous nous arrêtons devant la maison de la famille Beco. C’est ici que la Vierge Marie est apparue en 1933 à Mariette, la fille aînée de la famille, qui avait alors 11 ans.

« Les gens disent parfois que Banneux est un cadeau pour Marie, mais je préfère regarder dans l’autre sens » dit le recteur du sanctuaire. « Je sais aussi que c’est une destination populaire pour les escapades du dimanche. Pèlerinages et tourisme vont main dans la main. Mais ce n’est qu’une petite partie du récit. »

DANS LA PROSPÉRITÉ ET L’ADVERSITÉ

« Je viens soulager la souffrance. » Marie a prononcé ces paroles à la petite Mariette le 11 février 1933. Selon le recteur, Léo Palm, ce message n’a pas perdu de son actualité. « Tôt ou tard, chacun sera confronté à la souffrance. Dans un mariage, même s’il dure plus de 50 ans, il y aura toujours un des deux partenaires qui se retrouvera seul. Savoir que Marie sera toujours là, même en période
de détresse, est pour beaucoup un énorme soutien. »

Ceci peut peut-être expliquer pourquoi, depuis près d’un siècle, les gens continuent à trouver le chemin vers cet endroit où la présence de Marie est tangible. « Mariette Beco n’a pas eu une vie sans nuage » dit Léo Palm. « Elle n’a pas eu un mariage heureux, a perdu un enfant juste après sa naissance… Ensuite, le fait que la Vierge lui soit apparue, précisément à elle, a suscité bien des jalousies. Mariette m’a avoué que, lors des moments difficiles, elle repensait à la promesse que
Marie lui avait faite. »

Le 22 aout 2021, les Pèlerinages Montfort vous proposent une randonnée ‘vers la source’. Les pères montfortains Ghislain et Aimé nous accompagneront sur les petits chemins vers Banneux Notre-Dame et Tancrémont, mais surtout vers votre vie intérieure. Pour plus d’infos, appelez consultez ce page-ci.

BESOIN DE RESSOURCEMENT

La Chapelle des Apparitions et la maison de la famille Beco

Lors de sa deuxième et sa troisième apparition à Banneux, la Vierge conduit Mariette vers une source et lui dit « Cette source est réservée pour toutes les Nations… pour soulager les malades ». Ceci nous amène à un autre ‘facteur de succès’ des lieux de pèlerinages mariaux : le besoin de ressourcement. Le fait que ce besoin est très élevé apparaît clairement à partir des nombreuses lettres, e-mails et appels téléphoniques reçus au secrétariat des pèlerinages depuis l’automne. Les malades et les personnes avec un handicap restent souvent plusieurs jours à Banneux où 360 lits sont disponibles à l’hospitalité. Bien sûr, ces lits restent inoccupés depuis le début de la crise du coronavirus.

Il est aussi frappant de voir la forte attraction exercée par Banneux sur les Flamands et les Hollandais. « Durant la saison des pèlerinages, l’eucharistie est célébrée chaque jour en français, en néerlandais et en allemand » dit Léo Palm qui est lui-même parfaitement trilingue (mais trop modeste pour l’avouer). « Au moment des apparitions, en 1933, le Limbourg appartenait encore au diocèse de Liège. En conséquence, les Limbourgeois ont toujours eu une dévotion spéciale pour la Vierge des Pauvres, comme s’est nommée Marie ici. »

DE LA CORÉE DU SUD AU VIETNAM

Léo Palm est recteur du sanctuaire de Banneux depuis 2008. Assez longtemps pour voir évoluer la foule des pèlerins : « Nous accueillons ici beaucoup de francophones et de néerlandophones. Banneux est aussi très populaire auprès des Belges d’origine polonaise et italienne. Mais Banneux est devenu encore plus international ces dernières années. Je pense aux Hollandais d’origine sri-lankaise. Et aux Sud-Coréens qui font douze heures d’avion pour venir prier ici. Ils viennent en petits groupes mais, en 2018, ils étaient au total deux mille ! »

Parmi ce ‘nouveau’ public, ce sont les Vietnamiens qui remportent la couronne, dit le recteur : « Lorsque j’ai commencé à travailler ici, plusieurs dizaines de familles se réunissaient chaque année à Banneux. Entretemps, cette assemblée annuelle a grandi jusqu’à devenir une fête à laquelle participent cinq à six mille Vietnamiens. Ils viennent de toute l’Europe vers Banneux. C’est aussi une force motrice pour les pèlerins : des amis et anciennes connaissances se rencontrent sous le regard approbateur de la Vierge des Pauvres. Lorsque Marie a désigné la source à Mariette, elle a dit qu’elle était réservée pour toutes les nations. Ces mots reçoivent aujourd’hui toute leur signification. »

Glenn Geeraerts

Cet article a été publié dans notre revue Marie, médiatrice et reine de mars 2021. Découvrez notre revue ici.

En route vers Pâques

Que signifie le Carême pour les croyants d’aujourd’hui ? Comment le comprennent-ils en tant que partenaire, parent, collègue… ? Nous avons demandé à quelques dames qui étaient heureuses de nous parler !

Mon expérience de Carême

Thérèse Cordier
Thérèse Cordier

secrétaire dans un centre d’articles médicaux
Ellezelles (Hainaut)

Enfant, le Carême se traduisait par une consigne alimentaire : pas de viande ni graisses aux Cendres et les jours saints. Et tout le Carême : pas de chocolats, bonbons… Le jour de Pâques, c’était le coeur en fête quand nous recevions, comme acolytes et en remerciement de la part de notre curé des oeufs en chocolat. Tout cela remonte à plus de 20 ans : Bien naïf me direz-vous et pourtant…

En grandissant, j’ai eu la chance de côtoyer des personnes qui m’ont donné envie de continuer un engagement dans l’Église. Je suis devenue chantre, lectrice… La messe des Cendres reste un moment significatif ; celui de l’humilité par cette marque sur notre front. Ce qui pourrait ressembler à une période de contraintes, de sacrifices se traduit plutôt comme une marche vers l’espérance et le fait de vivre de l’essentiel. Nous nous posons des limites, en nous rendant compte que nous pouvons vivre sans ces choses qui nous enchaînent, pour mieux nous tourner vers Dieu et surtout vers les autres. Le Carême permet tant de moments que nous ne pouvons pas vivre dans notre quotidien habituellement : des temps d’intériorité, de retraite, une journée de ressourcement dans l’unité pastorale, du bénévolat…

En 2020, j’ai eu l’impression d’avoir vécu une année complète de « Carême ». Une année avec tant de manques de liberté, de découragement, de deuils… Comme si c’était une année de chemin de croix pour beaucoup. Nous avons vécu le Carême cloîtrés, de même que Pâques, la semaine Sainte : tous ces moments forts sans aucune célébration réelle. Et pourtant, notre foi nous porte à espérer en des jours meilleurs, même s’ils sont loin ! C’est l’essence même de notre foi, cette espérance en la résurrection.

Essayons d’être des graines d’espérance dans notre société où Dieu nous rejoint dans nos moments de doute.

Avec l’Esprit pour guide

Bernadette de Wouters d’Oplinter
Bernadette de Wouters d’Oplinter

épouse, mère au foyer, mère de 4 enfants, grand-mère de 10 petits-enfants
Lillois-Witterzée (Brabant wallon)

L’Esprit me pousse au désert. Son souffle fortifie la grâce de mon baptême et ravive les dons dont Dieu m’a comblée gratuitement pour les mettre au service des autres, avec son aide et selon mes capacités. Avec l’Esprit pour guide, pas de fausse piste. Je ne suis pas seule. Il est près de moi, Il m’invite à dépasser mes craintes. Pour m’encourager à rester fidèle à son chemin, Il me laisse entrevoir l’Amour de Dieu qui transfigure. L’Esprit me fait sortir de mes enfermements. Avec une infinie patience, Dieu frappe à ma porte, m’invite à dialoguer dans un coeur à coeur avec Lui.

Membre d’un groupe de Prière des Mères depuis une dizaine d’années, je fais l’expérience de la Prière et de la Parole. Elles nous portent les unes les autres dans les tempêtes de nos vies, nous transforment en profondeur et nous incitent à vivre autrement : accepter les épreuves, voir l’horizon qu’elles ouvrent, y saisir l’occasion de rebondir. Rien n’est impossible à Dieu. Il ne se lasse jamais. C’est Lui qui porte le fardeau.

Suivre Jésus au désert, me risquer à l’inattendu de Dieu : telle est ma feuille de route pour la traversée. Dans son infinie tendresse, Dieu veut me rejoindre et me demande de Lui faire confiance. Son Esprit donne souffle et éclaire le monde à la lumière et la joie de la résurrection.

Invoquons Marie. Soyons sans crainte, elle nous accompagne sur le chemin. À son exemple, ayons l’audace de témoigner : Jésus se fait tout petit pour allumer Sa lumière d’amour dans le coeur des autres. Offrons nos talents, offrons ce que nous sommes, tissons des liens entre nous. Reconnaissons Jésus en chaque personne rencontrée.

Suis-je Son icône dans le quotidien, serai-je contagieuse de Son Amour dans mes résurrections?

Préparer mon coeur pour que le Christ ressuscite en moi

Annie Masika
Annie Masika

infirmière, maman de 2 enfants
Bruxelles

« En route vers Pâques », qu’est-ce que cela signifie pour moi ? C’est donc avec plaisir que je vais partager en quelques mots ma vision du carême. J’ai eu de la chance de grandir au sein d’une famille chrétienne. Enfant, j’ai très rapidement été sensibilisée à la vie chrétienne. J’ai appris à connaître Dieu en chantant dans une chorale.

Cependant, ce n’est que depuis peu que je découvre l’importance de Pâques dans la vie d’un chrétien et de la nécessité de préparer mon coeur pour que le Christ ressuscite en moi. Très longtemps j’ai associé le carême uniquement au jeûne ! Mais grâce à un chemin d’initiation chrétienne dont je fais partie (chemin néocatéchumenal), je découvre d’autres dimensions du carême comme la prière, le partage et le pardon.

Je témoigne que le jeûne associé à la prière est très puissant. Cela m’aide à me sentir proche de Dieu. C’est un moment de grâce énorme où j’apprends à me nourrir de la parole de Dieu.

En route vers Pâques est pour moi une période favorable à la prière. Étant jeune maman avec un travail à temps plein, cela nécessite une bonne organisation pour trouver le temps de prier. Ainsi, pendant les 40 jours de carême je saisis toutes les occasions pour rester en prière. Par exemple, si je n’ai pas eu la possibilité de faire les laudes avant de quitter la maison, je prie dans la voiture avec les enfants sur le chemin de l’école. J’essaie de rester en prière silencieuse dans mon coeur et quand le Seigneur m’en donne la force, je me lève un moment dans la nuit pour prier.

Se préparer à Pâques se manifeste aussi par le fait de me tourner vers les autres, d’aimer mon prochain à travers des gestes concrets. L’occasion de tendre la main au frère, à la soeur, au collègue, à la voisine dans
le besoin. Trop de personnes souffrent autour de nous ! Je suis donc invitée au partage. Cette année, après la crise que nous vivons, nous aurons tous l’occasion de tendre la main à une personne victime de cette pandémie (perte de travail, maladie, solitude, etc.).

Toutes les actions ci-dessus m’aident à me préparer intérieurement à rentrer dans la joie du Christ ressuscité. Mais pour que cette joie soit complète, je suis aussi invitée à changer mon coeur en renonçant au péché. Le sacrement de réconciliation m’y aide. Et puisque dans son grand amour Dieu me pardonne mes fautes, je lui demande aussi la grâce de pouvoir à mon tour pardonner aux personnes qui m’ont fait souffrir.

Ainsi, à travers la résurrection du Christ, tout ce qui était mort en moi retrouve la vie.

Un moment de grâce

Juliette Binyungu
Juliette Binyungu

mariée et mère des 3 enfants (plus un neveu qui vit chez nous)
secrétaire de direction chez Missio à Bruxelles
Huldenberg (Brabant flamand)

Quand j’étais adolescente, lorsque le prêtre m’imposait les cendres sur le front en disant : « convertissez-vous et croyez en la bonne nouvelle », je n’y comprenais rien du tout. J’étais tout simplement heureuse de recevoir la croix sur mon front, plus comme une bénédiction qu’une exhortation à la conversion.

Plus je grandissais dans la foi, plus cette phrase résonnait dans mon coeur. Je suis parvenue à comprendre que cette croix dessinée sur mon front et sur ceux de tant des chrétiens symbolise la fragilité de l’homme en même temps qu’elle réveille notre espérance en la miséricorde divine. J’ai compris que c’est un appel à la pénitence et à suivre le Christ dans sa passion. Une occasion unique pour sortir de la superficialité et pour nouer ma relation avec Dieu par le sacrement de la réconciliation où Il m’offre largement son pardon.

Les textes que nous propose l’Église pendant le carême m’encouragent à prendre conscience de mon état de pécheur et à saisir la main tendue de Dieu. « Laissez-vous réconcilier avec Dieu… » écrit saint Paul. Je dirais joyeusement que le carême est pour moi un moment de grâce, une occasion unique et gratuite où Dieu lui-même vient me chercher sur la route de mes égarements. Il me tend la main et me supplie de revenir à Lui. Cette conversion est une invitation à changer mon regard sur Dieu, sur mon histoire et sur les événements de la vie, sur les hommes et sur l’univers. Il s’agit de puiser dans la miséricorde de Dieu. C’est peut-être là que la joie enfantine qui m’habitait en considérant la signature sur mon front comme une bénédiction prend
un sens renouvelé.

En tant que mère de famille, le temps de carême est une occasion de sensibiliser mes adolescents à s’ouvrir à Dieu, à la prière, au sens du sacrifice, du partage et du pardon. J’en profite pour leur parler davantage de la miséricorde infinie de Dieu qui nous attend dans le sacrement de la réconciliation.

Propos recueillis par le père Ghislain Kasereka, s.m.m.

Neuvaine préparatoire à la fête de l’Immaculée Conception

30 novembre — 8 décembre 2020
Sanctuaires de Beauraing

Une invitation à prier

« Priez, priez beaucoup, priez toujours » demande la Vierge Marie à Beauraing, dans ses rencontres avec cinq enfants, au cours de l’hiver 1932-33.
Comment ne pas répondre à sa demande en ces moments particuliers que notre société traverse ? Comme il y a 88 ans, nous vivons une période de ténèbres et de désarroi. La pandémie du coronavirus a déstabilisé bien des certitudes et des habitudes : nos frères et soeurs malades, les familles endeuillées, les travailleurs mis en situation critique, les soignants débordés… nous font ouvrir les yeux sur nos responsabilités citoyennes et les besoins d’une société malade. Ces besoins sont aussi spirituels ! Si la pratique de la foi est complètement bouleversée, pour un temps, la prière fervente et fraternelle demeure un soutien, une communion réelle, une force. La Vierge Marie est « lumière dans la nuit » : une lumière qui éclaire, qui réchauffe, qui guide et rassure. Tournons-nous vers elle.

Chanoine Joël Rochette

Une intention de prière

Le dogme de l’Immaculée Conception allume dans notre coeur une lumière inextinguible, qu’absolument rien ne peut altérer. De son Immaculée Conception à son Assomption, la Vierge Marie brille pour nous comme le signe certain que Jésus a déjà et entièrement vaincu toutes les puissances du mal. Il nous reste à y porter foi.
La « Vierge Immaculée » est par excellence notre éducatrice dans la foi, et c’est pourquoi nous la prions si volontiers, surtout quand ce que l’on demande paraît impossible. Elle nous apprend à croire que « rien n’est impossible à Dieu ».
En ce temps de l’Avent, restons avec Elle pour apprendre à recevoir la joie d’être sauvés, en lui demandant la grâce de sa protection sur le Diocèse de Namur et de son intercession pour venir au secours de toutes nos peines causées par la crise sanitaire.
Demandons à Notre Mère de nous obtenir du Seigneur la grâce d’être délivrés de la pandémie et des mesures qui pèsent sur nous.

Marie-Gabrielle Lemaire

La prière, jour après jour

1. Introduction

Faisons le signe de la croix.
Disons : « Seigneur, je te prie, avec la Vierge Marie, Mère de Dieu et
Reine des Cieux, l’Immaculée Conception. Accueille ma prière pour la fin
prochaine de la pandémie et de la détresse qu’elle provoque. »
Prions un Notre Père
Prions trois Je vous salue Marie (ou une dizaine du chapelet).
Prions le Gloire au Père…

2. Un petit texte différent chaque jour, à prier et à méditer

• 1er jour (lundi 30 novembre) :

À Beauraing, Marie a dit : « Soyez toujours sages. »
Seigneur, accorde-nous par Marie cette sagesse que nous attendons de
l’Esprit Saint, cette connaissance profonde des choses de Dieu. Que nous
puissions, comme la petite Gilberte l’avait exprimé, « tout rapporter au
Bon Dieu » et avoir un juste discernement de ta Volonté dans notre vie.
Accueille, Seigneur, notre prière que nous te présentons par les mains
de Marie.

• 2e jour (mardi 1er décembre) :

À Beauraing, Marie nous appelle le jour de l’Immaculée Conception.
Quelle beauté incomparable tu as donné à Marie, Seigneur ! Tu l’as
enveloppée du manteau de l’innocence, tu l’as revêtue du vêtement du
salut. Tu as préparé en elle une demeure digne du Très-Haut. Par son
coeur sans obstacle, elle a cru à l’impossible et a dit oui dans la confiance
totale.
Apprends-nous, Seigneur, à avancer avec Marie sur le chemin de
l’abandon.

• 3e jour (mercredi 2 décembre) :

À Beauraing, Marie a dit : « Priez, priez beaucoup, priez toujours ».
Seigneur Jésus, tu passais des nuits en prière, uni à ton Père. Marie
retenait tout ce qui lui arrivait et le méditait dans son coeur, elle écoutait
ta Parole. Toute sa vie est prière : attente, louange, action de grâce,
intercession, offrande… Tu nous appelles, Seigneur, à veiller comme elle,
à nous orienter vers le Père dans une attitude de confiance, à intensifier
notre ferveur, à persévérer sans nous lasser.
Par Marie, Seigneur, apprends-nous à prier.

• 4e jour (jeudi 3 décembre) :

À Beauraing, Marie a dit : « Qu’on vienne ici en pèlerinage ».
Dans notre vie de pèlerin sur cette terre, tu nous invites à quitter, à nous
détacher, à nous laisser déplacer dans nos habitudes, pour nous libérer
et marcher vers la source de tout Amour. Tu nous attends dans le jardin
que Marie a choisi et visité, et qu’elle n’a jamais quitté.
Attire-nous, Seigneur, par Marie, vers la source de son Coeur, la source
du bonheur.

• 5e jour (vendredi 4 décembre) :

À Beauraing, Marie a dit : « Je convertirai les pécheurs ».
Par le glaive de douleur, prédit par Siméon, qui a transpercé son coeur
sous la croix de son Fils, au plus profond de la nuit de l’abandon, Marie
est pour chacun de nous associée à l’oeuvre de la Rédemption. Comme
Jésus, elle veut qu’aucun de ses enfants ne se perde. Sa communion au
mystère du Salut est telle qu’elle nous arrache au danger et aux forces
du mal.
Sous l’abri de ta miséricorde, Vierge Marie, intercède pour nous.

• 6e jour (samedi 5 décembre) :

À Beauraing, Marie a demandé « une chapelle ».
Seigneur, tu as fait de Marie la Demeure de Dieu parmi les hommes, pour que
l’Emmanuel soit au milieu de nous, Dieu-avec-nous. Par ta Présence, tu fais de
cette chapelle choisie un lieu de grâce : à travers l’Eucharistie, l’adoration, la
réconciliation, le chapelet quotidien… « Vous êtes le temple du Saint Esprit ».
À l’image de Marie, fais de nous, Seigneur, des demeures de Dieu, rayonnantes
de ta Présence et ouvertes à tous nos frères.

• 7e jour (dimanche 6 décembre) :

À Beauraing, Marie a dit : « Je dirai quelque chose à chacun en particulier ».
Jésus sur la croix a donné à chacun de nous, personnellement, Marie
pour Mère, pour Maman. Comme Mère, elle se penche vers nous, nous
sourit et nous murmure les secrets de Dieu, pour augmenter en nous la
confiance, nous faire grandir et nous élever vers la Trinité. Tu as dit dans
ton Évangile : « Père, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux
sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ».
Donne-nous, Seigneur, un coeur de pauvre, qui écoute et sache recevoir
ce que tu veux nous donner par les mains de la Mère de Dieu.

• 8e jour (lundi 7 décembre) :

À Beauraing, Marie nous interpelle : « Aimez-vous mon Fils ? M’aimezvous
? Alors sacrifiez-vous pour moi ».
« Jésus nous a aimés jusqu’au bout ». « L’amour ne passera jamais ».
« Dieu est Amour » ! Marie nous ramène à l’essentiel : l’amour sans
réserve, l’amour de son Fils et d’elle-même, l’amour comme dernier mot.
Cet amour va jusqu’au sacrifice, jusqu’au don total, car « aimer, c’est tout
donner, et se donner soi-même ».
Esprit Saint, entraine-nous à suivre Marie dans son sillage d’amour et
d’offrande, chemin si intimement uni à la Croix et au mystère du Salut.

• 9e jour (mardi 8 décembre) :

À Beauraing, Marie a montré son Coeur d’or.
Reflet de ce Coeur qui a tant aimé les hommes, le Coeur de Marie nous
est manifesté sous l’aubépine dans toute la Lumière qui l’habite. Il nous
attire irrésistiblement vers les réalités d’en haut. Les bras ouverts de
Marie nous invitent à nous reposer sur ce coeur, refuge des pauvres
et des pécheurs. C’est le coeur d’une Mère et d’une Reine, de la femme
couronnée de douze étoiles qui est descendue du ciel nous visiter.
Merci, ô Seigneur, pour ce cadeau immense de la Vierge Marie, comblée
de grâce, resplendissante de beauté.
Textes : Soeur Bénédicte Fiedler
et Soeur Anne-Thérèse Piraux

3 • Temps de silence

4 • Prière inspirée du pape François

pour le temps de pandémie
Ô Marie,
tu brilles toujours, sur notre chemin,
en signe de salut et d’espoir.
Nous te faisons confiance, Secours des malades,
toi qui as gardé une foi ferme
alors que tu as partagé la douleur de Jésus
au pied de la croix.
Toi, Reine au Coeur d’Or,
tu sais ce dont nous avons besoin,
et nous sommes sûrs que tu exauceras nos demandes,
tout comme tu as fait revenir la joie et la fête
lors des noces de Cana en Galilée,
après un moment d’épreuve.
Aide-nous, Mère de l’Amour Divin,
Notre-Dame de Beauraing,
à nous conformer à la volonté du Père,
et à faire ce que Jésus nous dit,
Lui qui a pris sur lui nos souffrances
et a été chargé de nos douleurs,
pour nous porter, à travers la croix,
à la joie de la résurrection.
Amen.

5 • Possibilité, si on le souhaite, de chanter le cantique à Notre-Dame de Beauraing

(Air de Lourdes • Paroles : Joël Rochette)

  1. Ô Vierge Marie, le peuple chrétien
    À Beauraing vous prie : chez vous, il revient.
    Ref. : Ave, Ave, Ave Maria (bis)
  2. Près de l’aubépine, unis, rassemblés,
    La grâce divine nous est partagée.
  3. Cinq enfants approchent, un soir triste et froid,
    Et là, sous le porche, ensemble ils la voient.
  4. La Vierge Marie apparaît soudain,
    Présence bénie qui rompt leur chagrin.
  5. Les enfants la trouvent si jeune, si belle,
    Et leurs coeurs éprouvent la joie éternelle.
  6. C’est l’Immaculée, la Mère de Dieu,
    La femme étoilée, la Reine des cieux.
  7. Voyez son sourire, ses yeux bleus si doux ;
    Son coeur les attire, ils tombent à genoux !
  8. Marie les invite à prier toujours,
    Que leur coeur médite la foi et l’amour.
  9. Les mains écartées dévoilent un Coeur d’or,
    Source inaltérée de vrai réconfort.
  10. La Vierge demande : Aimez-vous mon Fils ?
    Sa vie est offrande, entier sacrifice.
  11. Devant cette image, comme ses enfants,
    Offrons-lui l’hommage de nos coeurs fervents.
  12. Les saints et les anges, en choeur glorieux,
    Chantent vos louanges, ô Reine des cieux

6 • Conclusion

On peut conclure avec les invocations traditionnelles à Notre-Dame de
Beauraing :
Notre-Dame de Beauraing, priez pour nous.
Notre-Dame de Beauraing, convertissez les pécheurs, vous nous l’avez promis.
Notre-Dame de Beauraing, guérissez les malades.
Notre-Dame de Beauraing, protégez nos familles.
Notre-Dame de Beauraing, donnez-nous la paix.
Notre-Dame de Beauraing, obtenez-vous les vocations si utiles à l’Église.
Unis à tous nos frères et soeurs, disons (ou chantons) :
— Bénissons le Seigneur !
— Nous rendons grâce à Dieu !
Et terminons en faisant le signe de la croix.

Chaque soir du confinement,
à 18h30,
la prière du chapelet est diffusée, depuis le sanctuaire,
via internet et Facebook.

Sanctuaires de Beauraing
Rue de l’Aubépine, 6
5570 Beauraing
Belgique
http://www.sanctuairesdebeauraing.be
+32 (0) 82 71 12 18
ndbeauraing@gmail.com