Qui entre aujourd’hui au couvent ?!

Qu’est-ce qui inspire à une jeune femme de tout quitter pour devenir religieuse ? Cette question, Rozemie Couckuyt l’a souvent entendue. Elle avait 23 ans lorsqu’elle entra chez les Soeurs Annonciades à Heverlee. Un pas audacieux ! Mais, plus de trente ans plus tard, Soeur Rozemie est plus que jamais convaincue qu’elle prit alors la bonne décision.

L’Institut du Sacré-Coeur d’Heverlee, à la périphérie de Leuven, est un impressionnant complexe de bâtiments. Sur le domaine, on trouve une école maternelle et primaire, mais aussi une section secondaire. À cela, il faut ajouter les résidents et les visiteurs du centre de soins et les étudiants de la haute école. Rozemie
Couckuyt, originaire de Wevelgem en Flandre Occidentale faisait partie de ce dernier groupe depuis le début des années 1980. « J’ai commencé à Heverlee ma formation d’enseignante pour l’école maternelle. Hélas, j’ai dû refaire la première année et j’ai alors choisi une autre école. »

Ce n’était pas pour moi une véritable séparation d’Heverlee : « À l’internat, j’avais de bonnes relations avec quelques soeurs. Nous sommes restées en contact et peu à peu j’ai été attirée par leur manière de vivre. Ce qui m’a le plus frappée, c’est qu’elles concrétisaient leurs paroles en actes. Les soeurs que j’ai appris à connaître s’engageaient chaque jour au service des malades, des pauvres et des enfants. Quelle différence avec les leçons de religion qui m’ont été inculquées dans mon enfance ! À cette époque, il me semblait parfois que la Bonne Nouvelle s’arrêtait quand la cloche sonnait… »

COMME UN MARIAGE

Quelques années plus tard, un article du bulletin paroissial m’a frappée : « Celui qui voit une soeur Annonciade devrait voir Marie, vivant à notre époque » disait-il. Cette phrase a continué à brûler dans le coeur de Rozemie qui, entretemps, était devenue institutrice maternelle en Flandre Occidentale. « Peu de temps après, en 1987, j’ai fait le pas pour entrer chez les Annonciades », se souvient-elle. « À la maison, les membres de ma famille ont soutenu mon choix et cela m’a sûrement aidée. Quelques personnes de mon entourage ont réagi avec inquiétude : entrer au couvent, cela signifie pour beaucoup de gens abandonner
beaucoup. Mais en famille, ne devez-vous pas faire sans cesse des choix ? »

Et tout comme dans le mariage, la vie religieuse est pleine de hauts et de bas. « Je ne suis pas un robot. Obéir à une supérieure, quand elle ne vous revient pas, est parfois difficile. Aux environs de ma quarantième année, j’ai commencé à douter de ma vocation. Je fus alors envoyée en pèlerinage en Terre Sainte, même si je n’en n’avais pas vraiment envie. Grâce au père Fabry, j’ai fait, pendant ce voyage, la connaissance du Père de Montfort. Sa spiritualité m’a frappée, parce qu’il était un homme d’action. Il ne se limitait pas à des beaux sermons, mais il retroussait ses manches. »

MARIE COMME FORCE MOTRICE

Comme dans la spiritualité montfortaine, Marie a une place importante dans la pensée et l’agir des Annonciades. « Être servante comme Marie reste pour moi une force motrice », dit Soeur Rozemie qui, après son entrée dans la congrégation, a pu travailler à l’Institut du Sacré-Coeur. Elle y a enseigné à l’école maternelle où, aujourd’hui, elle est professeur de gymnastique. À côté de cela, elle donne un coup de main dans la maison de repos située sur le campus. « Quand les gens me disent qu’une religieuse doit sacrifier beaucoup, je réponds honnêtement qu’à l’école je traite les tout-petits comme s’ils étaient mes propres enfants. Pour moi et pour les autres soeurs, en nous mettant très concrètement au service des gens, nous voulons ressembler à Marie, même maintenant en attrapant de l’âge. »

PETITES CREVETTES

Soeur Rozemie aborde ici un sujet très actuel : le vieillissement des communautés religieuses dans notre pays. Presque chaque semaine, on apprend la fermeture de couvents en Wallonie et en Flandre : les dernières soeurs déménagent vers une maison de repos et de soins et les bâtiments qu’elles occupaient sont vendus. Les Soeurs Annonciades sont environ septante en Belgique ; le nombre de ‘jeunes’ – qui ont moins de 60 ans – peut se compter sur les doigts d’une main. « Combien êtes-vous encore ici? » C’est la question que beaucoup de Pères, Frères et Soeurs sont habitués à entendre.

« Quand je suis entrée au couvent, la diminution des vocations avait déjà commencé » dit Soeur Rozemie. « J’ai donc vu beaucoup de congrégations se rétrécir, et des couvents se fermer… Naturellement, cela ne me laisse pas indifférente. Chez nous, c’est encore plus flagrant car le domaine est envahi quotidiennement par plusieurs milliers d’enfants et de jeunes. Comme religieuses, nous ressemblons à de petites crevettes dans la masse des jeunes. »

MOUVEMENT DE VAGUES

Selon Soeur Rozemie, la diminution du nombre de vocations s’explique par le manque de points de contact. Récemment, un journal a publié un reportage sur les religieux dans l’enseignement. Ils deviennent rares, note le journaliste. « Beaucoup de jeunes ont une fausse idée de ce qu’est la vie religieuse », dit Rozemie. « Jadis, chacun comptait bien un religieux ou une religieuse parmi les membres de sa famille. Aujourd’hui, les jeunes ont moins de contacts avec des personnes qui témoignent de leur foi. » Rozemie ne se compte certainement pas parmi les derniers des Mohicans : « Si j’ai retenu quelque chose de mon noviciat, c’est que la vie religieuse continue par vagues. L’histoire nous le prouve. Aujourd’hui, en Belgique, nous sommes clairement dans le creux de la vague. Mais notre Congrégation continue à être florissante au Congo et au Burundi. Je suis convaincue que la vie religieuse existera toujours, sous quelque forme que ce soit. »

Glenn Geeraerts

Cet article a été publié dans notre revue Marie, médiatrice et reine d’avril 2021. Découvrez notre revue ici.

Pourquoi les gens vont-ils en pèlerinage ?

Qu’est-ce qui pousse les gens à se rendre dans un lieu de pèlerinage ? Même pour les pèlerins chevronnés, c’est une question à laquelle ils doivent réfléchir longtemps. Avec l’abbé Léo Palm, recteur du sanctuaire de Banneux, nous sommes à la recherche d’une réponse.

Léo Palm, recteur du sanctuaire de Banneux

Même par un temps pluvieux printanier, on ne peut pas le nier, Banneux se trouve dans une belle région, sur la route touristique vers Spa, et on peut déjà y sentir l’air des Ardennes. Un environnement de rêve pour un sanctuaire. « Mais, ne l’oubliez pas, c’est Marie qui a choisi cet endroit » dit Léo Palm quand nous nous arrêtons devant la maison de la famille Beco. C’est ici que la Vierge Marie est apparue en 1933 à Mariette, la fille aînée de la famille, qui avait alors 11 ans.

« Les gens disent parfois que Banneux est un cadeau pour Marie, mais je préfère regarder dans l’autre sens » dit le recteur du sanctuaire. « Je sais aussi que c’est une destination populaire pour les escapades du dimanche. Pèlerinages et tourisme vont main dans la main. Mais ce n’est qu’une petite partie du récit. »

DANS LA PROSPÉRITÉ ET L’ADVERSITÉ

« Je viens soulager la souffrance. » Marie a prononcé ces paroles à la petite Mariette le 11 février 1933. Selon le recteur, Léo Palm, ce message n’a pas perdu de son actualité. « Tôt ou tard, chacun sera confronté à la souffrance. Dans un mariage, même s’il dure plus de 50 ans, il y aura toujours un des deux partenaires qui se retrouvera seul. Savoir que Marie sera toujours là, même en période
de détresse, est pour beaucoup un énorme soutien. »

Ceci peut peut-être expliquer pourquoi, depuis près d’un siècle, les gens continuent à trouver le chemin vers cet endroit où la présence de Marie est tangible. « Mariette Beco n’a pas eu une vie sans nuage » dit Léo Palm. « Elle n’a pas eu un mariage heureux, a perdu un enfant juste après sa naissance… Ensuite, le fait que la Vierge lui soit apparue, précisément à elle, a suscité bien des jalousies. Mariette m’a avoué que, lors des moments difficiles, elle repensait à la promesse que
Marie lui avait faite. »

Le 22 aout 2021, les Pèlerinages Montfort vous proposent une randonnée ‘vers la source’. Les pères montfortains Ghislain et Aimé nous accompagneront sur les petits chemins vers Banneux Notre-Dame et Tancrémont, mais surtout vers votre vie intérieure. Pour plus d’infos, appelez consultez ce page-ci.

BESOIN DE RESSOURCEMENT

La Chapelle des Apparitions et la maison de la famille Beco

Lors de sa deuxième et sa troisième apparition à Banneux, la Vierge conduit Mariette vers une source et lui dit « Cette source est réservée pour toutes les Nations… pour soulager les malades ». Ceci nous amène à un autre ‘facteur de succès’ des lieux de pèlerinages mariaux : le besoin de ressourcement. Le fait que ce besoin est très élevé apparaît clairement à partir des nombreuses lettres, e-mails et appels téléphoniques reçus au secrétariat des pèlerinages depuis l’automne. Les malades et les personnes avec un handicap restent souvent plusieurs jours à Banneux où 360 lits sont disponibles à l’hospitalité. Bien sûr, ces lits restent inoccupés depuis le début de la crise du coronavirus.

Il est aussi frappant de voir la forte attraction exercée par Banneux sur les Flamands et les Hollandais. « Durant la saison des pèlerinages, l’eucharistie est célébrée chaque jour en français, en néerlandais et en allemand » dit Léo Palm qui est lui-même parfaitement trilingue (mais trop modeste pour l’avouer). « Au moment des apparitions, en 1933, le Limbourg appartenait encore au diocèse de Liège. En conséquence, les Limbourgeois ont toujours eu une dévotion spéciale pour la Vierge des Pauvres, comme s’est nommée Marie ici. »

DE LA CORÉE DU SUD AU VIETNAM

Léo Palm est recteur du sanctuaire de Banneux depuis 2008. Assez longtemps pour voir évoluer la foule des pèlerins : « Nous accueillons ici beaucoup de francophones et de néerlandophones. Banneux est aussi très populaire auprès des Belges d’origine polonaise et italienne. Mais Banneux est devenu encore plus international ces dernières années. Je pense aux Hollandais d’origine sri-lankaise. Et aux Sud-Coréens qui font douze heures d’avion pour venir prier ici. Ils viennent en petits groupes mais, en 2018, ils étaient au total deux mille ! »

Parmi ce ‘nouveau’ public, ce sont les Vietnamiens qui remportent la couronne, dit le recteur : « Lorsque j’ai commencé à travailler ici, plusieurs dizaines de familles se réunissaient chaque année à Banneux. Entretemps, cette assemblée annuelle a grandi jusqu’à devenir une fête à laquelle participent cinq à six mille Vietnamiens. Ils viennent de toute l’Europe vers Banneux. C’est aussi une force motrice pour les pèlerins : des amis et anciennes connaissances se rencontrent sous le regard approbateur de la Vierge des Pauvres. Lorsque Marie a désigné la source à Mariette, elle a dit qu’elle était réservée pour toutes les nations. Ces mots reçoivent aujourd’hui toute leur signification. »

Glenn Geeraerts

Cet article a été publié dans notre revue Marie, médiatrice et reine de mars 2021. Découvrez notre revue ici.

En route vers Pâques

Que signifie le Carême pour les croyants d’aujourd’hui ? Comment le comprennent-ils en tant que partenaire, parent, collègue… ? Nous avons demandé à quelques dames qui étaient heureuses de nous parler !

Mon expérience de Carême

Thérèse Cordier
Thérèse Cordier

secrétaire dans un centre d’articles médicaux
Ellezelles (Hainaut)

Enfant, le Carême se traduisait par une consigne alimentaire : pas de viande ni graisses aux Cendres et les jours saints. Et tout le Carême : pas de chocolats, bonbons… Le jour de Pâques, c’était le coeur en fête quand nous recevions, comme acolytes et en remerciement de la part de notre curé des oeufs en chocolat. Tout cela remonte à plus de 20 ans : Bien naïf me direz-vous et pourtant…

En grandissant, j’ai eu la chance de côtoyer des personnes qui m’ont donné envie de continuer un engagement dans l’Église. Je suis devenue chantre, lectrice… La messe des Cendres reste un moment significatif ; celui de l’humilité par cette marque sur notre front. Ce qui pourrait ressembler à une période de contraintes, de sacrifices se traduit plutôt comme une marche vers l’espérance et le fait de vivre de l’essentiel. Nous nous posons des limites, en nous rendant compte que nous pouvons vivre sans ces choses qui nous enchaînent, pour mieux nous tourner vers Dieu et surtout vers les autres. Le Carême permet tant de moments que nous ne pouvons pas vivre dans notre quotidien habituellement : des temps d’intériorité, de retraite, une journée de ressourcement dans l’unité pastorale, du bénévolat…

En 2020, j’ai eu l’impression d’avoir vécu une année complète de « Carême ». Une année avec tant de manques de liberté, de découragement, de deuils… Comme si c’était une année de chemin de croix pour beaucoup. Nous avons vécu le Carême cloîtrés, de même que Pâques, la semaine Sainte : tous ces moments forts sans aucune célébration réelle. Et pourtant, notre foi nous porte à espérer en des jours meilleurs, même s’ils sont loin ! C’est l’essence même de notre foi, cette espérance en la résurrection.

Essayons d’être des graines d’espérance dans notre société où Dieu nous rejoint dans nos moments de doute.

Avec l’Esprit pour guide

Bernadette de Wouters d’Oplinter
Bernadette de Wouters d’Oplinter

épouse, mère au foyer, mère de 4 enfants, grand-mère de 10 petits-enfants
Lillois-Witterzée (Brabant wallon)

L’Esprit me pousse au désert. Son souffle fortifie la grâce de mon baptême et ravive les dons dont Dieu m’a comblée gratuitement pour les mettre au service des autres, avec son aide et selon mes capacités. Avec l’Esprit pour guide, pas de fausse piste. Je ne suis pas seule. Il est près de moi, Il m’invite à dépasser mes craintes. Pour m’encourager à rester fidèle à son chemin, Il me laisse entrevoir l’Amour de Dieu qui transfigure. L’Esprit me fait sortir de mes enfermements. Avec une infinie patience, Dieu frappe à ma porte, m’invite à dialoguer dans un coeur à coeur avec Lui.

Membre d’un groupe de Prière des Mères depuis une dizaine d’années, je fais l’expérience de la Prière et de la Parole. Elles nous portent les unes les autres dans les tempêtes de nos vies, nous transforment en profondeur et nous incitent à vivre autrement : accepter les épreuves, voir l’horizon qu’elles ouvrent, y saisir l’occasion de rebondir. Rien n’est impossible à Dieu. Il ne se lasse jamais. C’est Lui qui porte le fardeau.

Suivre Jésus au désert, me risquer à l’inattendu de Dieu : telle est ma feuille de route pour la traversée. Dans son infinie tendresse, Dieu veut me rejoindre et me demande de Lui faire confiance. Son Esprit donne souffle et éclaire le monde à la lumière et la joie de la résurrection.

Invoquons Marie. Soyons sans crainte, elle nous accompagne sur le chemin. À son exemple, ayons l’audace de témoigner : Jésus se fait tout petit pour allumer Sa lumière d’amour dans le coeur des autres. Offrons nos talents, offrons ce que nous sommes, tissons des liens entre nous. Reconnaissons Jésus en chaque personne rencontrée.

Suis-je Son icône dans le quotidien, serai-je contagieuse de Son Amour dans mes résurrections?

Préparer mon coeur pour que le Christ ressuscite en moi

Annie Masika
Annie Masika

infirmière, maman de 2 enfants
Bruxelles

« En route vers Pâques », qu’est-ce que cela signifie pour moi ? C’est donc avec plaisir que je vais partager en quelques mots ma vision du carême. J’ai eu de la chance de grandir au sein d’une famille chrétienne. Enfant, j’ai très rapidement été sensibilisée à la vie chrétienne. J’ai appris à connaître Dieu en chantant dans une chorale.

Cependant, ce n’est que depuis peu que je découvre l’importance de Pâques dans la vie d’un chrétien et de la nécessité de préparer mon coeur pour que le Christ ressuscite en moi. Très longtemps j’ai associé le carême uniquement au jeûne ! Mais grâce à un chemin d’initiation chrétienne dont je fais partie (chemin néocatéchumenal), je découvre d’autres dimensions du carême comme la prière, le partage et le pardon.

Je témoigne que le jeûne associé à la prière est très puissant. Cela m’aide à me sentir proche de Dieu. C’est un moment de grâce énorme où j’apprends à me nourrir de la parole de Dieu.

En route vers Pâques est pour moi une période favorable à la prière. Étant jeune maman avec un travail à temps plein, cela nécessite une bonne organisation pour trouver le temps de prier. Ainsi, pendant les 40 jours de carême je saisis toutes les occasions pour rester en prière. Par exemple, si je n’ai pas eu la possibilité de faire les laudes avant de quitter la maison, je prie dans la voiture avec les enfants sur le chemin de l’école. J’essaie de rester en prière silencieuse dans mon coeur et quand le Seigneur m’en donne la force, je me lève un moment dans la nuit pour prier.

Se préparer à Pâques se manifeste aussi par le fait de me tourner vers les autres, d’aimer mon prochain à travers des gestes concrets. L’occasion de tendre la main au frère, à la soeur, au collègue, à la voisine dans
le besoin. Trop de personnes souffrent autour de nous ! Je suis donc invitée au partage. Cette année, après la crise que nous vivons, nous aurons tous l’occasion de tendre la main à une personne victime de cette pandémie (perte de travail, maladie, solitude, etc.).

Toutes les actions ci-dessus m’aident à me préparer intérieurement à rentrer dans la joie du Christ ressuscité. Mais pour que cette joie soit complète, je suis aussi invitée à changer mon coeur en renonçant au péché. Le sacrement de réconciliation m’y aide. Et puisque dans son grand amour Dieu me pardonne mes fautes, je lui demande aussi la grâce de pouvoir à mon tour pardonner aux personnes qui m’ont fait souffrir.

Ainsi, à travers la résurrection du Christ, tout ce qui était mort en moi retrouve la vie.

Un moment de grâce

Juliette Binyungu
Juliette Binyungu

mariée et mère des 3 enfants (plus un neveu qui vit chez nous)
secrétaire de direction chez Missio à Bruxelles
Huldenberg (Brabant flamand)

Quand j’étais adolescente, lorsque le prêtre m’imposait les cendres sur le front en disant : « convertissez-vous et croyez en la bonne nouvelle », je n’y comprenais rien du tout. J’étais tout simplement heureuse de recevoir la croix sur mon front, plus comme une bénédiction qu’une exhortation à la conversion.

Plus je grandissais dans la foi, plus cette phrase résonnait dans mon coeur. Je suis parvenue à comprendre que cette croix dessinée sur mon front et sur ceux de tant des chrétiens symbolise la fragilité de l’homme en même temps qu’elle réveille notre espérance en la miséricorde divine. J’ai compris que c’est un appel à la pénitence et à suivre le Christ dans sa passion. Une occasion unique pour sortir de la superficialité et pour nouer ma relation avec Dieu par le sacrement de la réconciliation où Il m’offre largement son pardon.

Les textes que nous propose l’Église pendant le carême m’encouragent à prendre conscience de mon état de pécheur et à saisir la main tendue de Dieu. « Laissez-vous réconcilier avec Dieu… » écrit saint Paul. Je dirais joyeusement que le carême est pour moi un moment de grâce, une occasion unique et gratuite où Dieu lui-même vient me chercher sur la route de mes égarements. Il me tend la main et me supplie de revenir à Lui. Cette conversion est une invitation à changer mon regard sur Dieu, sur mon histoire et sur les événements de la vie, sur les hommes et sur l’univers. Il s’agit de puiser dans la miséricorde de Dieu. C’est peut-être là que la joie enfantine qui m’habitait en considérant la signature sur mon front comme une bénédiction prend
un sens renouvelé.

En tant que mère de famille, le temps de carême est une occasion de sensibiliser mes adolescents à s’ouvrir à Dieu, à la prière, au sens du sacrifice, du partage et du pardon. J’en profite pour leur parler davantage de la miséricorde infinie de Dieu qui nous attend dans le sacrement de la réconciliation.

Propos recueillis par le père Ghislain Kasereka, s.m.m.

Neuvaine préparatoire à la fête de l’Immaculée Conception

30 novembre — 8 décembre 2020
Sanctuaires de Beauraing

Une invitation à prier

« Priez, priez beaucoup, priez toujours » demande la Vierge Marie à Beauraing, dans ses rencontres avec cinq enfants, au cours de l’hiver 1932-33.
Comment ne pas répondre à sa demande en ces moments particuliers que notre société traverse ? Comme il y a 88 ans, nous vivons une période de ténèbres et de désarroi. La pandémie du coronavirus a déstabilisé bien des certitudes et des habitudes : nos frères et soeurs malades, les familles endeuillées, les travailleurs mis en situation critique, les soignants débordés… nous font ouvrir les yeux sur nos responsabilités citoyennes et les besoins d’une société malade. Ces besoins sont aussi spirituels ! Si la pratique de la foi est complètement bouleversée, pour un temps, la prière fervente et fraternelle demeure un soutien, une communion réelle, une force. La Vierge Marie est « lumière dans la nuit » : une lumière qui éclaire, qui réchauffe, qui guide et rassure. Tournons-nous vers elle.

Chanoine Joël Rochette

Une intention de prière

Le dogme de l’Immaculée Conception allume dans notre coeur une lumière inextinguible, qu’absolument rien ne peut altérer. De son Immaculée Conception à son Assomption, la Vierge Marie brille pour nous comme le signe certain que Jésus a déjà et entièrement vaincu toutes les puissances du mal. Il nous reste à y porter foi.
La « Vierge Immaculée » est par excellence notre éducatrice dans la foi, et c’est pourquoi nous la prions si volontiers, surtout quand ce que l’on demande paraît impossible. Elle nous apprend à croire que « rien n’est impossible à Dieu ».
En ce temps de l’Avent, restons avec Elle pour apprendre à recevoir la joie d’être sauvés, en lui demandant la grâce de sa protection sur le Diocèse de Namur et de son intercession pour venir au secours de toutes nos peines causées par la crise sanitaire.
Demandons à Notre Mère de nous obtenir du Seigneur la grâce d’être délivrés de la pandémie et des mesures qui pèsent sur nous.

Marie-Gabrielle Lemaire

La prière, jour après jour

1. Introduction

Faisons le signe de la croix.
Disons : « Seigneur, je te prie, avec la Vierge Marie, Mère de Dieu et
Reine des Cieux, l’Immaculée Conception. Accueille ma prière pour la fin
prochaine de la pandémie et de la détresse qu’elle provoque. »
Prions un Notre Père
Prions trois Je vous salue Marie (ou une dizaine du chapelet).
Prions le Gloire au Père…

2. Un petit texte différent chaque jour, à prier et à méditer

• 1er jour (lundi 30 novembre) :

À Beauraing, Marie a dit : « Soyez toujours sages. »
Seigneur, accorde-nous par Marie cette sagesse que nous attendons de
l’Esprit Saint, cette connaissance profonde des choses de Dieu. Que nous
puissions, comme la petite Gilberte l’avait exprimé, « tout rapporter au
Bon Dieu » et avoir un juste discernement de ta Volonté dans notre vie.
Accueille, Seigneur, notre prière que nous te présentons par les mains
de Marie.

• 2e jour (mardi 1er décembre) :

À Beauraing, Marie nous appelle le jour de l’Immaculée Conception.
Quelle beauté incomparable tu as donné à Marie, Seigneur ! Tu l’as
enveloppée du manteau de l’innocence, tu l’as revêtue du vêtement du
salut. Tu as préparé en elle une demeure digne du Très-Haut. Par son
coeur sans obstacle, elle a cru à l’impossible et a dit oui dans la confiance
totale.
Apprends-nous, Seigneur, à avancer avec Marie sur le chemin de
l’abandon.

• 3e jour (mercredi 2 décembre) :

À Beauraing, Marie a dit : « Priez, priez beaucoup, priez toujours ».
Seigneur Jésus, tu passais des nuits en prière, uni à ton Père. Marie
retenait tout ce qui lui arrivait et le méditait dans son coeur, elle écoutait
ta Parole. Toute sa vie est prière : attente, louange, action de grâce,
intercession, offrande… Tu nous appelles, Seigneur, à veiller comme elle,
à nous orienter vers le Père dans une attitude de confiance, à intensifier
notre ferveur, à persévérer sans nous lasser.
Par Marie, Seigneur, apprends-nous à prier.

• 4e jour (jeudi 3 décembre) :

À Beauraing, Marie a dit : « Qu’on vienne ici en pèlerinage ».
Dans notre vie de pèlerin sur cette terre, tu nous invites à quitter, à nous
détacher, à nous laisser déplacer dans nos habitudes, pour nous libérer
et marcher vers la source de tout Amour. Tu nous attends dans le jardin
que Marie a choisi et visité, et qu’elle n’a jamais quitté.
Attire-nous, Seigneur, par Marie, vers la source de son Coeur, la source
du bonheur.

• 5e jour (vendredi 4 décembre) :

À Beauraing, Marie a dit : « Je convertirai les pécheurs ».
Par le glaive de douleur, prédit par Siméon, qui a transpercé son coeur
sous la croix de son Fils, au plus profond de la nuit de l’abandon, Marie
est pour chacun de nous associée à l’oeuvre de la Rédemption. Comme
Jésus, elle veut qu’aucun de ses enfants ne se perde. Sa communion au
mystère du Salut est telle qu’elle nous arrache au danger et aux forces
du mal.
Sous l’abri de ta miséricorde, Vierge Marie, intercède pour nous.

• 6e jour (samedi 5 décembre) :

À Beauraing, Marie a demandé « une chapelle ».
Seigneur, tu as fait de Marie la Demeure de Dieu parmi les hommes, pour que
l’Emmanuel soit au milieu de nous, Dieu-avec-nous. Par ta Présence, tu fais de
cette chapelle choisie un lieu de grâce : à travers l’Eucharistie, l’adoration, la
réconciliation, le chapelet quotidien… « Vous êtes le temple du Saint Esprit ».
À l’image de Marie, fais de nous, Seigneur, des demeures de Dieu, rayonnantes
de ta Présence et ouvertes à tous nos frères.

• 7e jour (dimanche 6 décembre) :

À Beauraing, Marie a dit : « Je dirai quelque chose à chacun en particulier ».
Jésus sur la croix a donné à chacun de nous, personnellement, Marie
pour Mère, pour Maman. Comme Mère, elle se penche vers nous, nous
sourit et nous murmure les secrets de Dieu, pour augmenter en nous la
confiance, nous faire grandir et nous élever vers la Trinité. Tu as dit dans
ton Évangile : « Père, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux
sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ».
Donne-nous, Seigneur, un coeur de pauvre, qui écoute et sache recevoir
ce que tu veux nous donner par les mains de la Mère de Dieu.

• 8e jour (lundi 7 décembre) :

À Beauraing, Marie nous interpelle : « Aimez-vous mon Fils ? M’aimezvous
? Alors sacrifiez-vous pour moi ».
« Jésus nous a aimés jusqu’au bout ». « L’amour ne passera jamais ».
« Dieu est Amour » ! Marie nous ramène à l’essentiel : l’amour sans
réserve, l’amour de son Fils et d’elle-même, l’amour comme dernier mot.
Cet amour va jusqu’au sacrifice, jusqu’au don total, car « aimer, c’est tout
donner, et se donner soi-même ».
Esprit Saint, entraine-nous à suivre Marie dans son sillage d’amour et
d’offrande, chemin si intimement uni à la Croix et au mystère du Salut.

• 9e jour (mardi 8 décembre) :

À Beauraing, Marie a montré son Coeur d’or.
Reflet de ce Coeur qui a tant aimé les hommes, le Coeur de Marie nous
est manifesté sous l’aubépine dans toute la Lumière qui l’habite. Il nous
attire irrésistiblement vers les réalités d’en haut. Les bras ouverts de
Marie nous invitent à nous reposer sur ce coeur, refuge des pauvres
et des pécheurs. C’est le coeur d’une Mère et d’une Reine, de la femme
couronnée de douze étoiles qui est descendue du ciel nous visiter.
Merci, ô Seigneur, pour ce cadeau immense de la Vierge Marie, comblée
de grâce, resplendissante de beauté.
Textes : Soeur Bénédicte Fiedler
et Soeur Anne-Thérèse Piraux

3 • Temps de silence

4 • Prière inspirée du pape François

pour le temps de pandémie
Ô Marie,
tu brilles toujours, sur notre chemin,
en signe de salut et d’espoir.
Nous te faisons confiance, Secours des malades,
toi qui as gardé une foi ferme
alors que tu as partagé la douleur de Jésus
au pied de la croix.
Toi, Reine au Coeur d’Or,
tu sais ce dont nous avons besoin,
et nous sommes sûrs que tu exauceras nos demandes,
tout comme tu as fait revenir la joie et la fête
lors des noces de Cana en Galilée,
après un moment d’épreuve.
Aide-nous, Mère de l’Amour Divin,
Notre-Dame de Beauraing,
à nous conformer à la volonté du Père,
et à faire ce que Jésus nous dit,
Lui qui a pris sur lui nos souffrances
et a été chargé de nos douleurs,
pour nous porter, à travers la croix,
à la joie de la résurrection.
Amen.

5 • Possibilité, si on le souhaite, de chanter le cantique à Notre-Dame de Beauraing

(Air de Lourdes • Paroles : Joël Rochette)

  1. Ô Vierge Marie, le peuple chrétien
    À Beauraing vous prie : chez vous, il revient.
    Ref. : Ave, Ave, Ave Maria (bis)
  2. Près de l’aubépine, unis, rassemblés,
    La grâce divine nous est partagée.
  3. Cinq enfants approchent, un soir triste et froid,
    Et là, sous le porche, ensemble ils la voient.
  4. La Vierge Marie apparaît soudain,
    Présence bénie qui rompt leur chagrin.
  5. Les enfants la trouvent si jeune, si belle,
    Et leurs coeurs éprouvent la joie éternelle.
  6. C’est l’Immaculée, la Mère de Dieu,
    La femme étoilée, la Reine des cieux.
  7. Voyez son sourire, ses yeux bleus si doux ;
    Son coeur les attire, ils tombent à genoux !
  8. Marie les invite à prier toujours,
    Que leur coeur médite la foi et l’amour.
  9. Les mains écartées dévoilent un Coeur d’or,
    Source inaltérée de vrai réconfort.
  10. La Vierge demande : Aimez-vous mon Fils ?
    Sa vie est offrande, entier sacrifice.
  11. Devant cette image, comme ses enfants,
    Offrons-lui l’hommage de nos coeurs fervents.
  12. Les saints et les anges, en choeur glorieux,
    Chantent vos louanges, ô Reine des cieux

6 • Conclusion

On peut conclure avec les invocations traditionnelles à Notre-Dame de
Beauraing :
Notre-Dame de Beauraing, priez pour nous.
Notre-Dame de Beauraing, convertissez les pécheurs, vous nous l’avez promis.
Notre-Dame de Beauraing, guérissez les malades.
Notre-Dame de Beauraing, protégez nos familles.
Notre-Dame de Beauraing, donnez-nous la paix.
Notre-Dame de Beauraing, obtenez-vous les vocations si utiles à l’Église.
Unis à tous nos frères et soeurs, disons (ou chantons) :
— Bénissons le Seigneur !
— Nous rendons grâce à Dieu !
Et terminons en faisant le signe de la croix.

Chaque soir du confinement,
à 18h30,
la prière du chapelet est diffusée, depuis le sanctuaire,
via internet et Facebook.

Sanctuaires de Beauraing
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La prière: quelques aides

C’est arrivé à chacun de nous d’avoir des moments de distraction durant les temps de prière : nous faisons tout ce que nous pouvons pour nous concentrer mais cependant nos pensées errent vers le repassage qui reste à faire ou la liste de courses à compléter. Comment nous assurer de ne pas être distraits à tout bout de champ ? Christophe Monsieur nous donne quelques conseils pratiques qui peuvent nous aider dans notre vie de prière. 

Vous est-il déjà arrivé d’être distrait(e) pendant la prière ? Vous participez à la messe et vous vous rendez compte que vous ne vous souvenez plus de la première lecture. Vous priez votre chapelet et vous pensez aux courses que vous aurez à faire ensuite. Vous vous asseyez pour un temps de lecture et de méditation et vous vous ennuyez. Vous vous dîtes peut-être que votre foi n’est pas assez ardente et que vous manquez de ferveur ou que la prière n’a pas sa place dans vos préoccupations quotidiennes.

Mais nos distractions, nos difficultés à nous concentrer ou les joies et les peines de la vie quotidienne qui viennent diluer notre prière ne sont que des choses très naturelles et – rassurons-nous – normales lorsque nous prions. Elles pourraient même être un appel de Dieu ! Car Dieu n’est pas tellement intéressé par les louanges que nous pourrions lui faire sans que nous y joignions aussi notre propre vie. Une préface de la messe dit : « Seigneur, tu n’as pas besoin de notre louange et pourtant c’est toi qui nous inspires de te rendre grâce : nos chants n’ajoutent rien à ce que tu es, mais ils nous rapprochent de toi » (4e préface commune du missel romain). La véritable louange que nous offrons à Dieu, c’est notre vie avec tout ce qu’elle contient… et avec tout ce qui, de cette vie, surgit dans la prière.

Des rituels, comme allumer une bougie, peuvent vous aider à vous mettre dans l’ambiance

LE MOMENT PROPICE

Mais y a-t-il quelques aides pour nous soutenir dans notre désir de prier, sans tomber dans la routine et le ronron tranquille ? La première chose à faire, bien sûr, c’est de prendre le temps de prier. Personne ne peut prier à ma place comme personne ne peut respirer à ma place. C’est donc en prenant conscience de la beauté, de la grandeur et de la nécessité de la prière comme la respiration de notre vie que nous pouvons nous décider à prendre le temps pour prier en vérité. Il faut donc se donner le temps et les moyens.

Choisir un moment propice : rien ne sert de se décider à une heure de prière personnelle après le repas si je sais d’avance que c’est le moment où la digestion me tire plutôt vers la sieste que vers la prière. La tradition monastique nous indique que tôt le matin et pas trop tard dans la soirée sont les moments où notre attention permet davantage un temps de recueillement, de silence et d’intériorité.

LA BONNE POSITION

Après avoir trouvé le bon moment, il convient de trouver la bonne position. Prier, en effet, n’est pas seulement un acte de paroles et de pensées mais c’est tout le corps qui y est engagé. Puisque le Verbe s’est fait chair, c’est normal que tout notre être – y compris notre corps – soit engagé dans la prière. Que l’on soit assis, debout ou à genoux, la position de notre corps sera à la fois détendue et pleine de concentration. Cela permettra d’éviter de devoir bouger toutes les cinq minutes, et cela favorisera surtout le calme intérieur nécessaire pour écouter Dieu dans le silence de nos cœurs.

Lorsque notre corps a trouvé la bonne position et que le calme règne autour de moi et en moi, je suis disposé à la prière : mon attention se tourne vers mon propre cœur, à l’image de la Vierge Marie qui intériorisa la parole de l’ange et qui « gardait dans son cœur tous ces événements » (Lc 2,51), comme nous l’avons médité dans un précédent article.

LE PAIN DE CE JOUR

Comment prier alors ? On peut commencer par répéter lentement un mot, une parole ou une courte phrase tirée de la bible. On peut invoquer l’Esprit Saint qu’Il nous éclaire et demander à Marie d’être disponible comme elle à la parole de Dieu. On peut prendre un psaume que l’on lit et relit lentement. Ainsi chaque parole résonne en nous et nous découvrons combien la situation concrète de notre propre vie rejoint la réalité que le psalmiste décrit quand il loue et chante la gloire de Dieu, quand il dit sa confiance et sa joie, sa peine ou sa colère, son angoisse et son désir. On peut aussi lire, écouter et méditer un autre texte de la bible. Les lectures quotidiennes de la messe peuvent devenir ainsi « notre pain de ce jour » et pétrir notre vie de la saveur de l’évangile.

D’autres formes de prières nous aident aussi à passer du temps avec le Seigneur. Un moment de prière dans une église ou un temps d’adoration du Saint Sacrement nous permettent de retrouver auprès du Seigneur la force de nous laisser transfigurer par son amour. Jésus n’a-t-il pas dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » (Mt 11, 28). En méditant les mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux du rosaire, nous nous mettons avec Marie, à méditer la vie de Jésus et nous en demandons les fruits d’humilité, de pauvreté, de don de soi dans nos propres vies.

DES PETITES RITES

Dans nos maisons, une croix, une statue de la Vierge, une icône ou autre objet religieux, un cierge allumé, une fleur, un banc de prière sont autant d’invitations à prendre le temps de nous poser, de prier seul ou en famille. Ce coin de prière marque ainsi notre lieu de vie et est un signe, une invitation toujours faite à vivre dans la communion avec le Seigneur. Avec un peu de créativité et d’originalité, on trouvera des petits rites qui permettent de marquer cela : allumer un cierge au début de la prière, déposer une fleur, etc.

Prier, c’est vivre dans cette communion intérieure avec Dieu, c’est se laisser toucher par la présence intime de Dieu au plus profond de nous-mêmes. Tant de manières de prier se présente à nous. Je vous souhaite de découvrir toujours à neuf la joie de la prière qui nous ouvre à l’écoute et qui nous met en marche vers notre prochain. 

Christophe Monsieur, o. praem.

Cet article a été publié dans notre revue Marie, médiatrice et reine de novembre 2020, p. 8-9

Printemps en vue

Lorsque le coronavirus a brutalement perturbé nos vies en mars, un religieux franciscain irlandais, Richard Hendrick, a écrit une prière qui devait servir pour consoler ses confrères. Le virus s’est rapidement propagé mais le texte est également devenu viral. La prière a été partagée des centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux. Spontanément, les internautes en ont fait la traduction dans leur langue maternelle. Après quelques jours, des versions françaises ont aussi circulé.

Cette prière reste actuelle et c’est pourquoi nous la partageons volontiers. Son auteur est à la fois réaliste, optimiste et sainement naïf. Peut-être que c’est justement la combinaison de ces traits qui fait de lui un chrétien ?

Lockdown (Confinement)

Oui, il y a de la peur.

Oui, il y a de l’isolement.

Oui, il y a des achats-panique.

Oui, il y a la maladie.

Oui, il y a même la mort.

Mais,

Ils disent qu’à Wuhan après tant d’années de bruit

Vous pouvez à nouveau entendre les oiseaux.

Ils disent qu’après seulement quelques semaines de calme

Le ciel n’est plus épais de fumées

Mais bleu et gris et clair.

Ils disent que dans les rues d’Assise

Les gens chantent l’un vers l’autre

à travers les places vides,

gardant leurs fenêtres ouvertes

pour que ceux qui sont seuls

puissent entendre les bruits de familles autour d’eux.

Ils disent qu’un hôtel dans l’ouest de l’Irlande

Offre des repas gratuits et la livraison aux confinés.

Aujourd’hui une jeune femme que je connais

diffuse des dépliants avec son numéro

à travers le quartier

Pour que les anciens aient quelqu’un à appeler.

Aujourd’hui églises, synagogues, mosquées et temples

se préparent à accueillir

et abriter les sans-abris, les malades, les fatigués

Partout dans le monde, les gens ralentissent et réfléchissent

Partout dans le monde, les gens regardent leurs voisins différemment

Partout dans le monde, les gens s’éveillent à une nouvelle réalité

À notre réelle grandeur.

À quel point nous avons peu de contrôle.

À ce qui compte vraiment.

Aimer.

Alors nous prions et nous nous souvenons que

Oui, il y a de la peur.

Mais que la haine n’est pas nécessaire.

Oui, il y a de l’isolement.

Mais que la solitude n’est pas nécessaire.

Oui, il y a des achats-panique.

Mais la méchanceté n’est pas nécessaire.

Oui, il y a la maladie.

Mais que la maladie de l’âme n’est pas nécessaire.

Oui, il y a même la mort.

Mais une renaissance de l’amour est toujours possible.

Eveillez-vous aux choix que vous faites sur votre façon de vivre maintenant.

Aujourd’hui, respirez.

Écoutez, derrière les bruits d’usine de votre panique

Les oiseaux chantent à nouveau

Le ciel se dégage,

Le printemps arrive,

Et nous sommes toujours entourés d’Amour.

Ouvrez les fenêtres de votre âme

Et bien que vous ne puissiez pas

vous toucher sur la place vide,

Chantez.

Frère Richard Hendrick (moine capucin irlandais)

La prière: Avec Marie, soyons attentifs à notre cœur

Une question souvent entendue : peut-on apprendre à prier ? Si nous voulons prier Dieu, nous devons Le chercher là où Il demeure : à l’intériorité, dans le temple de notre cœur, de notre vie. La Vierge Marie a fait cette expérience, nous explique le père Christophe Monsieur. Elle a accueilli la parole de Dieu.

Apprendre à prier est une des plus belles choses de la vie. Lorsque j’étais enfant, j’ai appris à prier avec ma maman qui, le soir lorsque mes frères et moi étions couchés, venait prier avec nous en des mots simples sortant du cœur. J’ai aussi appris à prier grâce au témoignage de Germaine, une dame âgée qui m’a aidé à participer à la prière de l’Église durant la messe. Ou au catéchisme, grâce à Sœur Thérèse et Sœur Véronique qui nous demandaient d’écrire chaque semaine une petite prière spontanée pour débuter la leçon. Aujourd’hui encore, j’entends souvent le témoignage de parents et de grands-parents qui trouvent leur bonheur à apprendre à leurs enfants et petits-enfants à prier.

LE REGARD DU CŒUR

Apprendre à prier, c’est découvrir le chemin de l’intériorité, le chemin qui mène vers le cœur. C’est là que Dieu habite et que j’aime le chercher. Christiane Singer invitait à cette démarche d’intériorité dans ce bel ouvrage : « Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? » Prier, c’est chercher Dieu dans le temple de notre cœur, de notre vie, là où Il a choisi de demeurer.

La Vierge Marie a fait, elle aussi, cette expérience. L’évangile selon Saint Luc (Lc 1, 26-38) nous en fait le récit. L’ange Gabriel fut envoyé à Marie. « Il entra chez elle » nous dit le texte, comme pour attirer notre attention sur la réalité intérieure de cette rencontre. C’est toujours de l’intérieur, avec le regard du cœur que nous aussi pouvons découvrir comment Dieu se rend présent dans nos vies.

C’est là que Marie accueille la parole que l’ange lui apporte de la part de Dieu. C’est là aussi qu’elle découvre ses craintes et ses questionnements : « Comment cela va-t-il se faire ? » La prière, c’est tout ce cheminement intérieur où j’accueille ce que Dieu vient me dire à travers les événements de la vie, et où je laisse également résonner mes questionnements, mes doutes et mes craintes. « L’Esprit Saint viendra sur toi. » Le Saint Esprit est celui qui illumine et transfigure cette réalité intérieure pour nous permettre de dire oui comme Marie : « Que tout m’advienne selon ta parole. »  

UNE ATTITUDE D’OUVERTURE

Deux choses sont rendues possibles par cette attitude d’accueil et d’ouverture en Marie : elle porte maintenant en elle le Fils de Dieu et elle se rend chez sa cousine Élisabeth. La prière a ouvert le cœur et la vie de Marie à l’imprévu de Dieu. Sa vie en devient fertile puisqu’elle donnera naissance à un fils. Sa vie en reste aussi attentive aux autres puisque Marie ira passer trois mois chez Élisabeth. Nous aussi, nous pouvons laisser transformer par la prière pour que notre vie puisse porter du fruit et nous aide à aller vers notre prochain.

L’évangile selon Saint Luc nous livre encore des éléments sur Marie qui stimulent notre prière et notre vie. Ainsi, après le recouvrement au temple, lorsque Jésus a 12 ans, l’évangile dit que Marie « gardait dans son cœur tous ces événements » (Lc 2, 51). C’est à nouveau ce chemin d’intériorité qui est ici rappelé. Marie, pauvre d’Israël, est comme son Fils, imprégnée de la grande tradition de prière de son peuple. Elle a certainement prié le psaume qui dit « Mon cœur m’a redit ta parole : cherchez ma face » (Ps 26, 8). Peut-être a-t-elle entendu aussi le livre des proverbes qui dit : « Par-dessus tout, veille sur ton cœur, c’est de lui que jaillit la vie. » (Prov 4, 23).

UNE SOURCE DE VIE

Marie nous apprend à veiller sur cette dimension intérieure de notre vie. Elle nous rappelle que prier avec le cœur, c’est écouter ce qui « bouge » en nous, ce qui nous occupe intérieurement : les événements, les rencontres, les situations qui nous touchent d’une manière ou d’une autre. Lorsque nous prions, tout cela ne disparaît pas mais reste bien présent en notre cœur. Et c’est de tout cela que jaillit la vie : nous découvrons comment Dieu est présent à travers tous ces événements, nous découvrons comment la prière nous aide à vivre au carrefour de la vie quotidienne et de la présence discrète en nos cœurs d’un Dieu qui nous aime.

Avec Marie, nous découvrons que Dieu a mis en nos cœurs une source de vie que nous pouvons écouter et qui transfigure notre quotidien en une intensité de communion avec Dieu et avec le train-train de chaque jour.

DEVENIR DISCIPLE DE JÉSUS

Plus loin, le même évangile nous parle d’une rencontre un peu particulière : « Une femme éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire : ‘Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri !’ Alors Jésus lui déclara : ‘Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent !’ » (Lc 11, 27-28). On pourrait s’étonner de la réplique de Jésus. Pourtant, il attire l’attention sur quelque chose de plus important que les liens du sang : la Parole de Dieu. Et en disant cela, Il ne dénigre pas sa mère mais montre que Marie a réalisé autre chose que de nourrir Jésus : elle est devenue disciple en devenant attentive à la parole de Dieu. Elle l’a gardée dans son cœur, elle l’a écoutée et mise en pratique.

Marie est une source d’inspiration pour notre vie de prière : elle nous apprend à écouter notre cœur, à découvrir la présence de Dieu dans le concret de notre quotidien et elle nous rappelle que marcher à la suite de Jésus, c’est garder la parole dans notre cœur et la mettre en pratique par une vie juste et fraternelle, au service de Dieu et de notre prochain.

Christophe Monsieur, o. praem.

Cet article a été publié dans notre revue Marie, médiatrice et reine d’octobre 2020.

Un siècle de Montfortains en Belgique

Il y a exactement 100 ans, le cardinal Mercier demandait aux Montfortains de venir en Belgique pour faire connaître la dévotion mariale du père de Montfort. Il en avait personnellement découvert le bienfait et il tenait à ce que cette dévotion soit davantage connue.

En août 1920 les premiers pères sont arrivés depuis la Hollande, et ils se sont mis au travail à un double niveau. Avec des professeurs d’université et des séminaires ils offrirent aux prêtres et aux intellectuels chrétiens une brochure mariale ; puis, répondant généreusement aux multiples invitations des couvents et paroisses, ils présentèrent dans un langage simple le père de Montfort et sa dévotion mariale. Ils ont fait l’expérience d’un accueil inattendu répondant aux demandes de retraites et récollections partout dans le pays. On leur a aussi demandé d’organiser à leur façon des pèlerinages à Lourdes et à Fatima.

Plus tard, ils ont lancé la revue mariale populaire qui existe toujours, et porte aujourd’hui le titre de Marie, médiatrice et reine. Depuis le secrétariat à Louvain, des bénévoles enthousiastes ont appuyé un mouvement qui était en train de naître partout dans le pays. La deuxième guerre mondiale n’a guère pu freiner l’élan, au contraire, les gens avaient besoin d’un soutien spirituel.

UNE INITIATIVE OSÉE

Après la guerre, la canonisation du grand animateur du mouvement, Louis-Marie Grignion de Montfort, provoqua la percée définitive de l’Apostolat Marial des Montfortains et il est toujours vivant. Or, sur les entrefaites la société a changé profondément. Pour pas mal de gens, Dieu et la religiosité sont devenus de moindre importance. Puis, plusieurs pères animateurs du mouvement ont pris de l’âge, ainsi que pas mal de bons collaborateurs et collaboratrices. Les vocations religieuses et laïques sont devenues rares, l’Église est en train de perdre son élan. Or, malgré les temps difficiles, la revue et les pèlerinages sont toujours vivants et ils sont appréciés. C’est pour nous le moment de poser la question de l’importance de l’Apostolat Marial et de sa mission dans l’Église. D’où une initiative osée.

Aidés par une section théologique de l’université de Louvain, nous nous sommes adressés à des experts en la matière, demandant leur avis. Qu’en est-il de la dévotion mariale ? En ces temps que nous vivons, est-ce que le père de Montfort et sa doctrine peuvent réanimer la foi des chrétiens ? A cause du coronavirus, le colloque prévu au mois de septembre à l’université, ne peut pas avoir lieu, mais les experts ont terminé leur travail. Nous avons réuni leurs recherches dans un livre qui a été présenté à Montaigu au mois de septembre. Il est écrit en néerlandais, mais rassurez-vous, Marie, médiatrice et reine en donnera des échos, car le résultat des recherches des experts nous concerne tous.

LE MOT DU CARDINAL

Le dernier chapitre du livre présente l’étude du cardinal De Kesel. Se référant aux textes du concile et de documents qui l’ont accompagné, il nous rappelle d’abord l’approche nouvelle de la Vierge Marie et de la dévotion mariale en général. En référence à l’ardeur chrétienne qui a baissé, le cardinal attire l’attention sur une autre conviction du même concile en vue d’un renouveau de la foi. Il s’agit d’un appel, récemment renouvelé par le pape François et adressé aux ordres et congrégations, leur demandant de se rappeler les intuitions initiales de leurs fondateurs et leur charisme. En fait, ils ont souvent donné un souffle nouveau au christianisme. Puis, à partir du charisme du père de Montfort, le cardinal évalue les activités des Montfortains dans le pays.

Évoquant l’histoire de l’Apostolat Marial, il remercie les Montfortains pour leurs initiatives et leurs services à l’Église. Il ne cherche pas à nous flatter en déguisant la vérité, au contraire, il lance des défis. Se référant à l’audace du père de Montfort et à son inspiration mariale, Monseigneur De Kesel encourage les jeunes confrères venus en Belgique en tant que vrais missionnaires. L’un d’entre eux vient d’être ordonné prêtre. Il les encourage à oser rêver d’initiatives nouvelles pour rendre service à l’Église.

Père Frans Fabry, directeur

Cet article a été publié dans notre revue Marie, médiatrice et reine d’octobre 2020.

Désespoir et rêves

Le père José Mizzotti, missionnaire montfortain italien au Pérou, après son expérience d’être trouvé positif au Covid-19, partage quelques réflexions de cette expérience de crise… Il le fait simplement, dans la conviction que la vie parfois contient plus de contradictions et de faiblesse de mots.


Une petite bestiole, petite et invisible à l’oeil humain, un minuscule virus de rien… a réussi à arrêter ce monde lancé dans sa folle course d’autodestruction sans que personne ne trouve la touche ‘arrêt d’urgence’… Quelle ironie ! Et cela nous oblige à ne pas bouger et à ne rien faire.

Que se passera-t-il ensuite ? Quand le monde reprendra-t-il sa marche ? Alors, quand le mauvais virus a-t-il été vaincu ? À quoi ressemblera notre vie après ?

Après ? En nous souvenant de ce que nous avons vécu au cours de cette longue détention, nous déciderons d’arrêter de travailler un jour par semaine, car nous aurons découvert à quel point il est agréable d’arrêter. Une longue journée pour savourer le temps qui passe et ceux qui nous entourent. Et nous l’appellerons Dimanche.

Après ? Ceux d’entre nous qui vivent sous un même toit passeront au moins trois soirs par semaine à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à appeler des grands-parents de l’autre côté de la ville ou des cousins éloignés. Et nous l’appellerons Famille.

SAGESSE ET GRATITUDE

Après ? Nous écrirons dans la Constitution que nous ne pouvons pas tout acheter, que nous devons faire la différence entre le besoin et le caprice, entre le désir et la cupidité. Qu’un arbre a besoin de temps pour grandir et que ce temps est une bonne chose. Cet homme n’a jamais été et ne sera jamais omnipotent et cette limite, cette fragilité inscrite au plus profond de son être est une bénédiction car elle est la condition de la possibilité de tout amour. Et nous l’appellerons Sagesse.

Après ? Nous applaudirons chaque jour, non seulement le personnel médical à 12 heures, mais aussi les ramasseurs d’ordures à 6 heures, les facteurs à 7 heures, les boulangers à 8 heures, les chauffeurs de bus à 9 heures, les femmes de ménage à 10 heures et ainsi de suite. Oui, j’ai écrit aux dirigeants, car dans ce long voyage à travers le désert, nous aurons retrouvé le sens du service public, du dévouement et du bien commun. Nous apprécierons tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous l’appellerons Gratitude.

LE TEMPS EST UN CADEAU

Après ? Nous allons décider de ne pas devenir nerveux dans les files d’attente devant les magasins et profiter de ce moment pour parler à des gens qui, comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas. Que celui qui nous l’a donné ne nous a pas fait payer et que, définitivement, non, le temps n’est pas de l’argent. Le temps est un cadeau à recevoir et chaque minute un cadeau à déguster. Et nous l’appellerons Patience.

Après ? Nous pouvons décider de transformer tous les groupes de WhatsApp créés entre voisins lors de ce long test, en véritables groupes, de repas partagés, d’échanges d’actualités, d’entraide pour faire du shopping ou emmener les enfants à l’école. Et nous l’appellerons Fraternité.

Après ? Nous rirons quand nous repenserons à l’époque où nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions créée nous-mêmes, cette force despotique qui a écrasé la vie humaine et pillé la planète. Nous mettrons donc l’homme au centre de tout, car aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous l’appellerons Justice.

UN LIEN QUI SURMONTE LA MORT

Après ? Nous nous souviendrons que ce virus a été transmis entre nous sans distinction de couleur de peau, de culture, de niveau économique ou de religion. Nous appartenons tous simplement à l’espèce humaine. Tout simplement parce que nous sommes humains. De cela, nous aurons appris que si nous pouvons transmettre le pire, nous pouvons également transmettre le meilleur. Tout simplement parce que nous sommes humains. Et nous l’appellerons l’Humanité.

Après ? Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura beaucoup de chaises vides et nous pleurerons pour ceux qui ne verront pas cet avenir. Mais ce que nous avons vécu aura été si douloureux et intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui prend le jeu de l’espace nécessite aussi le jeu du temps. Que ce lien surmonte la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté et l’autre de la route, ce côté et l’autre de la mort, ce côté et l’autre de la vie, nous l’appellerons DIEU.

Après ? Ce sera différent d’avant, mais pour en faire l’expérience, nous devons parcourir le présent. Nous devons accepter cette autre mort qui nous est enlevée, cette mort plus épuisante que la mort physique. Car il n’y a pas de résurrection sans passion, ni de vie sans passer par la mort, ni de vraie paix sans avoir surmonté sa haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et dire que, pour dire cette lente transformation de nous qui arrive au coeur de l’épreuve, cette gestation de nous-mêmes, dire ça, il n’y a pas de mot.

Père José Mizzotti, s.m.m.

Cet article est apparu dans la revue ‘Marie, médiatrice et reine’. Intéressé(e)?


Mise à jour – Changements dans le programma à cause du Covid-19

Le Covid-19 fait rage et nous oblige à adapter temporairement notre vie quotidienne de manière radicale. Ces temps incertains sont également un défi pour notre organisation. Comment agir efficacement pour ce qui concerne les activités qui ont été programmés pour 2020? Pourrons-nous aller en pèlerinage cette année-ci? Qu’en est-il de nos Journées avec Marie?

Cette situation est inconnue pour nous tous et par conséquent, il est très difficile de faire des pronostiques sûrs pour ce qui concerne nos activités de 2020. Nous suivons la situation de près et nous adaptons le programme selon les nécessités. Bien entendu, le bien-être de nos participants et la limitation du risque de propagation du coronavirus passent avant tout.

Pour cela, nous avons décidé d’annuler les activités suivantes:

Jusqu’à nouvel ordre, les autres activités à partir de septembre se feront comme prévues.

Nous espérons de tout cœur que tous les efforts conjugués feront en sorte que le virus soit rapidement sous contrôle et que nous pourrons reprendre la vie quotidienne sain et sauf comme avant.

Nous vous souhaitons beaucoup de force et de positivité. Prenez soin de vous et de vos proches.