Printemps en vue

Lorsque le coronavirus a brutalement perturbé nos vies en mars, un religieux franciscain irlandais, Richard Hendrick, a écrit une prière qui devait servir pour consoler ses confrères. Le virus s’est rapidement propagé mais le texte est également devenu viral. La prière a été partagée des centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux. Spontanément, les internautes en ont fait la traduction dans leur langue maternelle. Après quelques jours, des versions françaises ont aussi circulé.

Cette prière reste actuelle et c’est pourquoi nous la partageons volontiers. Son auteur est à la fois réaliste, optimiste et sainement naïf. Peut-être que c’est justement la combinaison de ces traits qui fait de lui un chrétien ?

Lockdown (Confinement)

Oui, il y a de la peur.

Oui, il y a de l’isolement.

Oui, il y a des achats-panique.

Oui, il y a la maladie.

Oui, il y a même la mort.

Mais,

Ils disent qu’à Wuhan après tant d’années de bruit

Vous pouvez à nouveau entendre les oiseaux.

Ils disent qu’après seulement quelques semaines de calme

Le ciel n’est plus épais de fumées

Mais bleu et gris et clair.

Ils disent que dans les rues d’Assise

Les gens chantent l’un vers l’autre

à travers les places vides,

gardant leurs fenêtres ouvertes

pour que ceux qui sont seuls

puissent entendre les bruits de familles autour d’eux.

Ils disent qu’un hôtel dans l’ouest de l’Irlande

Offre des repas gratuits et la livraison aux confinés.

Aujourd’hui une jeune femme que je connais

diffuse des dépliants avec son numéro

à travers le quartier

Pour que les anciens aient quelqu’un à appeler.

Aujourd’hui églises, synagogues, mosquées et temples

se préparent à accueillir

et abriter les sans-abris, les malades, les fatigués

Partout dans le monde, les gens ralentissent et réfléchissent

Partout dans le monde, les gens regardent leurs voisins différemment

Partout dans le monde, les gens s’éveillent à une nouvelle réalité

À notre réelle grandeur.

À quel point nous avons peu de contrôle.

À ce qui compte vraiment.

Aimer.

Alors nous prions et nous nous souvenons que

Oui, il y a de la peur.

Mais que la haine n’est pas nécessaire.

Oui, il y a de l’isolement.

Mais que la solitude n’est pas nécessaire.

Oui, il y a des achats-panique.

Mais la méchanceté n’est pas nécessaire.

Oui, il y a la maladie.

Mais que la maladie de l’âme n’est pas nécessaire.

Oui, il y a même la mort.

Mais une renaissance de l’amour est toujours possible.

Eveillez-vous aux choix que vous faites sur votre façon de vivre maintenant.

Aujourd’hui, respirez.

Écoutez, derrière les bruits d’usine de votre panique

Les oiseaux chantent à nouveau

Le ciel se dégage,

Le printemps arrive,

Et nous sommes toujours entourés d’Amour.

Ouvrez les fenêtres de votre âme

Et bien que vous ne puissiez pas

vous toucher sur la place vide,

Chantez.

Frère Richard Hendrick (moine capucin irlandais)