L’hostie n’est pas un paquet de beurre 

Lorsque nous communions, nous le faisons souvent machinalement, sans réfléchir. C’est étonnant, car l’Eucharistie est incontestablement le moment où nous rencontrons le Seigneur ressuscité, comme lorsque nous prions.

La communion va tellement de soi pour de nombreux fidèles qu’ils ne pensent plus réellement à ce qu’ils font. Ils arrivent devant le prêtre, reçoivent l’hostie, marmonnent un rapide ‘amen’ et s’en retournent avant même d’avoir porté l’hostie à leur bouche. Un moment important et sacré se dilue bien souvent dans un acte banal et machinal. Une sorte d’automatisme, comme lorsque nous déposons un paquet de beurre ou une botte de carottes sur le tapis roulant du supermarché et que nous avons déjà préparé notre carte bancaire. 

Si prier signifie louer le Seigneur, le remercier et demander son aide, l’Eucharistie n’est-elle pas une méthode de prière expérimentée ?

Quel est le rapport avec la prière, se demanderont certains. Eh bien, ce rapport existe et il est même essentiel ! Si prier signifie louer le Seigneur, le remercier et demander son aide, l’Eucharistie n’est-elle pas une méthode de prière expérimentée ? Si le sacrement de l’Eucharistie consiste à nous permettre de rencontrer le Christ ressuscité dans la communion, y a-t-il une autre attitude possible que de se rendre à l’autel de manière démuni et en priant ? 

cliché Laurens Vangeel

Un cœur réconcilié

Les sacrements ne sont pas séparés de la vie. Il en va de même pour l’Eucharistie. En tant que chrétiens, nous avons besoin d’une conversion constante, non seulement à la messe dominicale, mais à toute heure de la journée. Il ne sert pas à grand-chose de participer à la communion si, peu de temps auparavant, vous avez propagé des ragots à propos de telle ou telle personne sur le parvis de l’église.

Si vous êtes en conflit avec quelqu’un depuis des semaines, pourquoi ne pas vous réconcilier d’abord avec cette personne, même si c’est à contrecœur ? Jésus le disait déjà à ses disciples : « Quand tu vas présenter ton offrande à l’autel, si tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère puis reviens présenter ton offrande » (Mt 5, 23).  

Pour recevoir l’hostie, il est d’abord nécessaire de se réconcilier entre nous mais aussi avec Dieu.

Le verbe ‘se réconcilier’ utilisé ici est très significatif. Pour recevoir l’hostie, il est d’abord nécessaire de se réconcilier entre nous mais aussi avec Dieu. « Un cœur réconcilié avec Dieu est capable de participer de manière authentique à l’Eucharistie », écrivait Benoît XVI, qui donnait également quelques conseils pour mieux se préparer à communier : « N’entrez pas dans l’église à la dernière minute, mais soyez bien à temps, afin de pouvoir vous repentir en silence avant le début de la liturgie. Prenez le temps de faire votre examen de conscience. Essayez de jeûner au préalable, ne serait-ce qu’une heure. Si vous avez péché gravement, confessez-vous. » 

Prenez et mangez

Devrions-nous donc être des saints, même à moitié, lorsque nous recevons la communion ? Pas du tout. Mais nous devons être prêts à devenir saints, c’est-à-dire à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour proclamer, en paroles et en actes, le message d’amour du Christ.  

« L’Eucharistie n’est pas le salaire des saints, mais le pain des pécheurs » nous dit le pape François (cliché Unsplash)

« Jésus nous connaît, il sait que nous sommes pécheurs et que nous commettons tellement d’erreurs », déclare le pape François. Ce qui ne l’empêche pas de vouloir unir sa vie à la nôtre : « Il sait que nous en avons besoin, car l’Eucharistie n’est pas le salaire des saints, mais le pain des pécheurs. C’est pourquoi il nous exhorte : ‘Prenez et mangez’. » 

Le pape souligne encore le pouvoir de guérison de l’hostie. Seul, on n’arrive pas toujours à se sortir des problèmes, à trouver la paix avec soi-même, à se relever et à aller de l’avant. On n’y parvient qu’avec l’aide du Christ, que nous pouvons rencontrer dans ce petit morceau de pain. N’ayons pas peur de dire avec conviction : «Dis seulement une parole, et je serai guéri. » 

Glenn Geeraerts
adaptation : Michel Charlier 

L’homme juste qui communie  
devient un autre Jésus-Christ,  
Est rempli de son esprit  
et de sa vie.  

Mangeons ce pain vivant,
buvons ce vin des anges, 
mais fréquemment,  
mais saintement.  

Mangeons, buvons  
et nous engraissons,  
mangeons, buvons  
et nous enivrons, 
et rendons à Dieu nos louanges. 

(Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, cantique 158, 9) 

Prier pour nos ennemis ?

Nous avons l’habitude de prier pour nos proches : nos amis, notre famille, les gens que nous aimons. Qu’en est-il des autres ? De nos ennemis, par exemple ? Sommes-nous prêts à prier le Seigneur pour eux
aussi ?

Lorsque j’entreprends un pèlerinage à pied, mes amis et connaissances savent qu’ils vont avoir de mes nouvelles. Ils me confient leurs intentions de prière et je m’engage à prier pour eux tout au long du chemin. Une situation de ce genre ne vous est pas inconnue : nous avons l’habitude de prier pour les personnes que nous aimons ou pour lesquelles nous avons de la sympathie.

Mais pourquoi ne pas prier pour ceux que nous n’aimons pas ou avec lesquels nous n’avons jamais réussi à sympathiser et que nous préférons éviter ? Un voisin avec lequel vous êtes en conflit depuis plusieurs années pour Dieu sait quelle raison… Votre soeur cadette qui a coupé tous les ponts pour une question d’héritage… Quelqu’un à qui vous vous êtes livré en toute confiance et qui ne s’est pas privé de raconter votre secret dans le village…

Un exercice inconfortable

Prier pour ses ennemis ? Plus facile à dire qu’à faire ! Un jour, on m’a demandé d’écrire le nom de 5 personnes pour lesquelles je pourrais prier quotidiennement. Ça a été un jeu d’enfant ! La question suivante était : écrivez le nom de 5 personnes pour lesquelles vous ne prieriez jamais. Le simple fait d’y réfléchir a suscité une certaine résistance. J’ai eu du mal à coucher ces noms sur le papier. Puis est arrivée la dernière tâche : essayez de prier pour chacune des personnes de la deuxième liste…

Un ennemi qui vous veut du mal, il faut l’aimer du fond du coeur

Cet exercice inconfortable m’a rappelé les paroles de Louis-Marie Grignion de Montfort. « Aimer ses amis est facile », écrivait-il dans l’un de ses cantiques. « Aimer ses ennemis, cela devient héroïque. Mais si vous ne le faites pas, vous serez perdus à jamais. » Et d’ajouter : « Un ennemi qui vous veut du mal, il faut l’aimer du fond du coeur. »

Saint Louis-Marie connaissait parfaitement l’Évangile. Dans le Sermon sur la Montagne, Jésus appelle en effet ses disciples à aimer leurs ennemis et à prier pour ceux qui les persécutent « afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5, 44-45).

La voie de la perfection

Dieu pourrait se faciliter la tâche en ne se préoccupant que du sort des bons de ce monde et en ignorant les pécheurs – les ‘méchants’ et les ‘injustes’ de l’Évangile de Matthieu. Mais ce n’est pas le cas. Dieu pardonne, permet à l’amour de triompher et attend de nous que nous fassions de même. Selon les mots de Jésus : « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (5, 48).

Jésus s’est rendu compte que les hommes et les femmes avaient encore un long chemin à parcourir à cet égard. Et ce qui était vrai à son époque l’est toujours aujourd’hui. Déclarer trois fois de suite à ceux qui vous interrogent que vous ne connaissez pas Jésus, parce que vous voulez avant tout sauver votre peau, n’est pas vraiment une preuve de perfection. Pareil lorsque nous répandons des ragots pour dénigrer quelqu’un (à qui cela n’est-il jamais arrivé ?)…

Jésus n’appelle pas à la vengeance, il va jusqu’à pardonner aux hommes qui lui ont ôté la vie !

Jésus, lui, a réagi différemment, même après qu’on l’ait condamné à mort et cloué sur une croix ! À sa place, je me serai insurgé à la fois contre mes bourreaux et contre les spectateurs avides de sensations fortes. Chez Jésus, rien de tout cela. « Père, pardonne- leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34) : ses premières paroles sur la croix, telles qu’elles ont été rapportées par trois des évangélistes, ne sont-elles pas stupéfiantes ? Jésus n’appelle pas à la vengeance, il va jusqu’à pardonner aux hommes qui lui ont ôté la vie !

La prière ou la haine

On peut reformuler cette attitude autrement. Repensez un instant à votre voisin. Les querelles de voisinage peuvent avoir des causes très diverses : une branche qui dépasse, une musique trop forte, un chien qui aboie, une foreuse dans le mur mitoyen… Ce qui n’est au départ qu’un léger désagrément peut prendre des proportions importantes. On commence à râler sur son voisin, puis on en arrive à le détester. Dans certains cas, la dispute est même portée devant le juge de paix, qui s’aperçoit très souvent que les personnes en cause ne se sont en réalité jamais parlées…

Celui qui pardonne le mal, devient plus humain et s’élève au-dessus de lui-même

Une discussion franche aurait sans doute permis de résoudre les choses. Mais voilà, peut-être que votre voisin n’est pas ouvert à la discussion ou est de mauvaise volonté ? Dans ce cas – et surtout dans ce cas – vous feriez bien de prier pour lui. Ne serait-ce que pour faire ressortir ce qu’il y a de bon en lui. « Celui qui pardonne le mal, écrivait saint Louis-Marie, devient plus humain et s’élève au-dessus de lui-même. Par contre, nourrir la haine du prochain ne fait qu’accroître le mal. Et il ne nous rapproche pas de la perfection que Jésus attend de nous. »

Glenn Geeraerts
adaptation : Michel Charlier

Samedi, jour de Marie

Traditionnellement, le samedi est consacré à la Vierge Marie. Une dévotion que nous avons perdue de vue et qui mérite d’être restaurée. 

Le samedi est-il vraiment consacré à Notre-Dame ? N’avons-nous donc pas le droit de la prier les autres jours ? La réponse à la première question est : oui. La coutume de consacrer le samedi à la Vierge Marie est vieille de plusieurs siècles. Il s’agit d’une tradition monastique datant de l’époque de Charlemagne qui s’est répandue dans toute l’Europe. Dans les abbayes carolingiennes, les moines avaient pris l’habitude de commémorer chaque jour de la semaine un événement particulier de l’histoire de la Passion. Le mercredi, par exemple, ils commémoraient la trahison de Jésus par Judas Iscariote, et le vendredi, ils commémoraient sa mort sur la croix. Le mercredi et le vendredi n’étaient pas par hasard des jours de jeûne au monastère. 

Marie est restée fidèle

Mais pourquoi le samedi est-il associé à Marie ? Certains disent qu’il s’agit d’une référence au Samedi saint. Alors que les disciples de Jésus ont disparu de la scène après sa mort sur la croix, Marie est restée fidèle. Elle n’a pas abandonné son Fils, mais a prié pour lui. Sa foi et son espérance en la résurrection ont été plus fortes que son chagrin, qui devait pourtant être incommensurable. Comment pourrait-il en être autrement quand on voit son enfant mourir ? Marie, attendant la résurrection, a inspiré l’artiste hongroise Maria de Faykod pour la quinzième station du chemin de croix des malades à Lourdes. 

Alors que les disciples de Jésus ont disparu de la scène après sa mort sur la croix, Marie est restée fidèle.

D’autres cherchent une explication dans le fait que le samedi… précède le dimanche. Chaque dimanche, semaine après semaine, nous célébrons la résurrection du Christ. Nous pouvons donc considérer le samedi comme un ‘jour de Préparation’, pour reprendre un terme biblique : la veille du sabbat, les Juifs se préparaient au jour du Seigneur (Lc 23, 54). Avec Marie, nous nous préparons à la fête de la vie que nous célébrons à l’église le dimanche. 

Tous les jours

À la deuxième question que nous avons posée ci-dessus – pouvons-nous prier Marie uniquement le samedi ? – il est facile derépondre. En termes liturgiques, la mémoire de Marie le samedi est une ‘mémoire facultative’ pour le temps ordinaire. Lorsqu’il n’y a pas d’autre fête ou solennité au calendrier ce jour-là, les prêtres peuvent célébrer la messe en l’honneur de Marie. Ceux qui prient les heures peuvent alors utiliser des prières et des lectures spéciales.  

Grâce à sa foi inébranlable, Marie est aujourd’hui encore un exemple pour des millions de chrétiens.

Bien entendu, il n’y a pas de mal à prier Marie (et à prier avec elle) tous les jours de la semaine, bien au contraire ! Nous savons que de nombreuses personnes ne se rendent plus à l’église le dimanche. Leur santé ne le leur permet pas, ou au pire la paroisse a été supprimée. Mais ils s’obstinent à prier chaque matin et chaque soir trois ‘Je vous salue Marie’ et beaucoup suivent le chapelet à Lourdes sur KTO. Grâce à sa foi inébranlable, Marie est aujourd’hui encore un exemple pour des millions de chrétiens. Nous lui confions tous nos soucis et nous pouvons compter sur elle pour intercéder auprès de son Fils, Jésus. 

Remy De Geest 

Prier comme Jésus

Les Pères de l’Église en étaient conscients : prier ne va pas de soi. Trouver une méthode de prière qui nous convienne demande souvent une certaine recherche. C’est pourquoi nous vous donnons quelques conseils. Et, en la matière, il n’y a pas meilleur précepteur que Jésus, comme le prouve le Notre Père.

Si vous êtes abonné à notre revue, il y a de fortes chances que vous soyez pratiquant régulier. Certains d’entre vous ont sans doute la possibilité de célébrer l’eucharistie tous les jours. D’autres, en revanche, regardent la messe à la télévision ou suivent les émissions de KTO. Tous ces chemins sont bons et utiles. Car, pour les catholiques, quoi de mieux que la rencontre avec le Christ vivant lors de la communion ?

En parlant de rencontre… nous nous réjouissons bien évidemment d’être entourés par d’autres personnes. Que vous vous rendiez le samedi ou le dimanche dans l’église de votre paroisse ou que vous participiez à la messe dans un monastère ou une abbaye, vous percevez que vous faites partie d’une communauté de croyants. Et vous pouvez même éprouver ce sentiment à distance, lorsque vous regardez la messe télévisée depuis votre fauteuil, votre lit d’hôpital ou à la maison de repos.

Intimité

Faire partie d’une communauté célébrante ne signifie pas pour autant que nous pouvons négliger notre prière personnelle. Le soleil ne brille pas tous les jours dans notre cœur. Parfois, on y trouve de la pluie, de l’orage ou un épais brouillard dans lequel nous risquons de nous perdre. Dans ces moments de tristesse, de crainte ou de frustration, il peut être salutaire de faire un retour sur nous-même et de nous tourner vers le Seigneur en toute simplicité. C’est l’essence-même de la prière.

Le soleil ne brille pas tous les jours dans notre cœur. Parfois, on y trouve de la pluie, de l’orage ou un épais brouillard.

« Aucune communauté ne peut prendre en charge ni porter ma colère, ma rage ou ma déception », écrit le journaliste Leo Fijen. « Aucune abbaye, aucune paroisse ne peut effacer la douleur de nos vies. Nous ne pouvons pas nous passer de cette communauté, à la périphérie, qui écoute notre souffrance, mais cette communauté ne peut entrer dans notre intimité. Heureusement, la prière peut le faire : accueillir Dieu les mains ouvertes et nous savoir reliés à Lui dans notre intimité la plus profonde. »

(c) Unsplash / Zac Durant

Par où commencer ?

Je n’ai jamais appris à prier. Je n’ai ni le temps ni la patience. J’essaie de prier le chapelet tous les jours, mais je me laisse trop facilement distraire. Je ne sais pas par où commencer. Je veux prier, mais je ne trouve pas les mots justes. Je n’arrive plus à prier depuis le décès de mon mari…

Les raisons pour lesquelles nous n’arrivons pas à prier ne manquent pas. Peut-être est-ce tout simplement parce que nous n’avons pas trouvé la bonne ‘méthode’ de prière, c’est-à-dire celle qui est la mieux adaptée à notre personnalité, à un moment précis de notre vie.

Une de mes amies lisait chaque jour deux chapitres de l’évangile et méditait sur quelques textes de la Bible. Mais les maux de la vieillesse ont rendu cette tâche de plus en plus difficile. Elle avait du mal à se concentrer sur des passages longs ou complexes. Aujourd’hui, elle a ‘redécouvert’ le chapelet de sa jeunesse et sa prière est à nouveau bien vivante.

Apprendre de Jésus

Il faut donc parfois tâtonner avant de trouver une façon de prier qui porte du fruit et ait du sens. Dans les prochains articles, nous vous présenterons quelques méthodes qui ont ‘fait leurs preuves’… même si prier n’est pas nécessairement plus facile ou plus fluide parce que l’on a de l’expérience en la matière. À ce sujet, le pape Benoît XVI disait : « Nous devons apprendre à prier comme si nous devions maitriser cet art encore et encore. Même ceux qui sont très avancés dans leur vie spirituelle continuent d’éprouver le besoin d’apprendre constamment de Jésus pour apprendre à prier de manière authentique. »

Nous devons apprendre à prier comme si nous devions maitriser cet art encore et encore.

Mais comment ‘apprendre de Jésus’ ? Il ne faut pas chercher bien loin, car Il donne l’exemple dans l’évangile en priant le Notre Père. Une prière qui résonne dans la bouche des chrétiens depuis plus de 2000 ans. Ceux qui veulent revitaliser leur prière peuvent commencer par celle que le Fils adresse à son Père.

La traversée du désert

Réaliser que Jésus nous a précédés dans la prière peut nous aider à ne pas réciter le Notre Père comme une routine, à la hâte, mais bien lentement, avec de courtes pauses en phase avec la ponctuation. Réfléchissons à chaque phrase du Notre Père. Certains seront étonnés – même s’ils ont prononcé ces mots des milliers de fois – de constater qu’il y a sept demandes dans le Notre Père. Essayons de les laisser pénétrer en nous.

Une tradition ancienne dit que, pour bien comprendre et méditer le Notre Père, il faut le réciter à l’envers, en commençant par la dernière ligne. Au début, nous avons alors l’homme désespéré – délivre-nous du mal et ne nous laisse pas entrer en tentation. Ensuite, nous cheminons vers Dieu – qui est aux cieux – via un chemin de pardon – pardonne-nous nos offenses. Le texte du Notre Père nous rappelle ainsi les 40 années de voyage du peuple d’Israël. Ce qui a commencé dans le désert, lieu d’épreuve et de désespoir, s’est achevé dans la Terre promise.

Glenn Geeraerts
adaptation : Michel Charlier























































Retraite ‘Marie qui défait les noeuds’

L’organisation ‘Marie qui défait les noeuds’ fait une retraite mariale de deux jours à Banneux en novembre. Découvrez les détails ci-dessous!

26 au 28 novembre 2021

« Marie nous invite à déposer à ses pieds nos soucis, nos souffrances, nos douleurs »

« La retraite en confiance » vous est proposée afin de pouvoir  remettre à la Vierge Marie, « Celle qui défait les nœuds », toutes les  difficultés insolubles à vue humaine qui étouffent votre vie:  soucis de famille, de santé, de travail, de logement,  dépendances, etc..

Cette courte retraite est conçue pour achever dans la confiance et avec un soutien spirituel la neuvaine que vous aurez commencée chez vous 8 jours plus tôt. De nombreuses personnes ont été exaucées après cette neuvaine et en ont témoigné.

Ces sessions comportent des temps d’enseignement, d’adoration, d’entretien, avec la possibilité de recevoir le sacrement de réconciliation, et bien sûr d’assister à la messe.

Accordez-vous ce temps privilégié pour vous retrouver, demander, discerner,  vivre une belle expérience de prière communautaire, reprendre des forces et recevoir des pistes de réflexion et d’action pour que les «nœuds» de votre vie se dénouent, peu à peu, grâce à la présence et à l’intercession de Celle qui est notre mère!

Un temps privilégié pour demander, discerner et puiser à la source des sacrements. Un temps unique de ressourcement et de retour sur soi pour choisir d’exercer la miséricorde envers soi et ses proches. Un temps pour poser son fardeau devant Marie qui défait les noeuds.
Un temps d’échange pour être consolé, conseillé, et pour vivre des moments intenses. Un temps de silence pour adorer le Seigneur dans son Eucharistie, et aussi dans sa création.

Chaque retraite est conçue pour achever, dans une démarche de confiance et d’abandon, la neuvaine à Marie qui défait les noeuds 1 commencée, chez soi, 6 jours plus tôt.

Programme*

Vendredi

16 h 30 : Accueil, café, installation
18 h : Méditation du 7ème jour de la neuvaine
19 h : Dîner en commun
20 h : Veillée. Présentation générale de la retraite
Il n’y a pas de messe prévue le vendredi soir.

Samedi

La journée se déroule en silence. Chacun, en s’inscrivant, s’engage donc à vivre ce silence et à le respecter, pour soi et pour les autres.

Matinée
8 h : Petit déjeuner
9 h : Enseignement
11 h 15 : Messe
12 h 30 : Déjeuner

Après-midi
14 h : Le message du Sanctuaire
15 h : Enseignement
Temps personnel
17 h 30 : Oraison à la chapelle
Méditation du 8ème jour de la neuvaine
19 h : Dîner
20 h 30 : Veillée de réconciliation
Adoration du Saint Sacrement.

Dimanche

La journée se déroule en silence jusqu’au déjeuner

Matinée
8 h : Petit déjeuner
9 h : Enseignement
9ème jour de la neuvaine. Procession pour la remise du noeud de
chacun. Consécration à Marie
11 h : Messe
12 h 30 : Déjeuner festif

Après-midi
14 h : Enseignement
15 h : Librairie
16 h : Envoi dans le monde

Les places sont nécessairement limitées. Les inscriptions sont prises dans leur ordre d’arrivée. Ne tardez pas à renvoyer le formulaire. (cf. : verso)

* Des modifications à ce programme peuvent être apportées en fonction des attentes des participants et de la disponibilité des lieux.

Image: Johann Georg Melchior Schmidtner/Wikimedia Commons

Printemps en vue

Lorsque le coronavirus a brutalement perturbé nos vies en mars, un religieux franciscain irlandais, Richard Hendrick, a écrit une prière qui devait servir pour consoler ses confrères. Le virus s’est rapidement propagé mais le texte est également devenu viral. La prière a été partagée des centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux. Spontanément, les internautes en ont fait la traduction dans leur langue maternelle. Après quelques jours, des versions françaises ont aussi circulé.

Cette prière reste actuelle et c’est pourquoi nous la partageons volontiers. Son auteur est à la fois réaliste, optimiste et sainement naïf. Peut-être que c’est justement la combinaison de ces traits qui fait de lui un chrétien ?

Lockdown (Confinement)

Oui, il y a de la peur.

Oui, il y a de l’isolement.

Oui, il y a des achats-panique.

Oui, il y a la maladie.

Oui, il y a même la mort.

Mais,

Ils disent qu’à Wuhan après tant d’années de bruit

Vous pouvez à nouveau entendre les oiseaux.

Ils disent qu’après seulement quelques semaines de calme

Le ciel n’est plus épais de fumées

Mais bleu et gris et clair.

Ils disent que dans les rues d’Assise

Les gens chantent l’un vers l’autre

à travers les places vides,

gardant leurs fenêtres ouvertes

pour que ceux qui sont seuls

puissent entendre les bruits de familles autour d’eux.

Ils disent qu’un hôtel dans l’ouest de l’Irlande

Offre des repas gratuits et la livraison aux confinés.

Aujourd’hui une jeune femme que je connais

diffuse des dépliants avec son numéro

à travers le quartier

Pour que les anciens aient quelqu’un à appeler.

Aujourd’hui églises, synagogues, mosquées et temples

se préparent à accueillir

et abriter les sans-abris, les malades, les fatigués

Partout dans le monde, les gens ralentissent et réfléchissent

Partout dans le monde, les gens regardent leurs voisins différemment

Partout dans le monde, les gens s’éveillent à une nouvelle réalité

À notre réelle grandeur.

À quel point nous avons peu de contrôle.

À ce qui compte vraiment.

Aimer.

Alors nous prions et nous nous souvenons que

Oui, il y a de la peur.

Mais que la haine n’est pas nécessaire.

Oui, il y a de l’isolement.

Mais que la solitude n’est pas nécessaire.

Oui, il y a des achats-panique.

Mais la méchanceté n’est pas nécessaire.

Oui, il y a la maladie.

Mais que la maladie de l’âme n’est pas nécessaire.

Oui, il y a même la mort.

Mais une renaissance de l’amour est toujours possible.

Eveillez-vous aux choix que vous faites sur votre façon de vivre maintenant.

Aujourd’hui, respirez.

Écoutez, derrière les bruits d’usine de votre panique

Les oiseaux chantent à nouveau

Le ciel se dégage,

Le printemps arrive,

Et nous sommes toujours entourés d’Amour.

Ouvrez les fenêtres de votre âme

Et bien que vous ne puissiez pas

vous toucher sur la place vide,

Chantez.

Frère Richard Hendrick (moine capucin irlandais)