Lorsque nous communions, nous le faisons souvent machinalement, sans réfléchir. C’est étonnant, car l’Eucharistie est incontestablement le moment où nous rencontrons le Seigneur ressuscité, comme lorsque nous prions.
La communion va tellement de soi pour de nombreux fidèles qu’ils ne pensent plus réellement à ce qu’ils font. Ils arrivent devant le prêtre, reçoivent l’hostie, marmonnent un rapide ‘amen’ et s’en retournent avant même d’avoir porté l’hostie à leur bouche. Un moment important et sacré se dilue bien souvent dans un acte banal et machinal. Une sorte d’automatisme, comme lorsque nous déposons un paquet de beurre ou une botte de carottes sur le tapis roulant du supermarché et que nous avons déjà préparé notre carte bancaire.
Si prier signifie louer le Seigneur, le remercier et demander son aide, l’Eucharistie n’est-elle pas une méthode de prière expérimentée ?
Quel est le rapport avec la prière, se demanderont certains. Eh bien, ce rapport existe et il est même essentiel ! Si prier signifie louer le Seigneur, le remercier et demander son aide, l’Eucharistie n’est-elle pas une méthode de prière expérimentée ? Si le sacrement de l’Eucharistie consiste à nous permettre de rencontrer le Christ ressuscité dans la communion, y a-t-il une autre attitude possible que de se rendre à l’autel de manière démuni et en priant ?

Un cœur réconcilié
Les sacrements ne sont pas séparés de la vie. Il en va de même pour l’Eucharistie. En tant que chrétiens, nous avons besoin d’une conversion constante, non seulement à la messe dominicale, mais à toute heure de la journée. Il ne sert pas à grand-chose de participer à la communion si, peu de temps auparavant, vous avez propagé des ragots à propos de telle ou telle personne sur le parvis de l’église.
Si vous êtes en conflit avec quelqu’un depuis des semaines, pourquoi ne pas vous réconcilier d’abord avec cette personne, même si c’est à contrecœur ? Jésus le disait déjà à ses disciples : « Quand tu vas présenter ton offrande à l’autel, si tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère puis reviens présenter ton offrande » (Mt 5, 23).
Pour recevoir l’hostie, il est d’abord nécessaire de se réconcilier entre nous mais aussi avec Dieu.
Le verbe ‘se réconcilier’ utilisé ici est très significatif. Pour recevoir l’hostie, il est d’abord nécessaire de se réconcilier entre nous mais aussi avec Dieu. « Un cœur réconcilié avec Dieu est capable de participer de manière authentique à l’Eucharistie », écrivait Benoît XVI, qui donnait également quelques conseils pour mieux se préparer à communier : « N’entrez pas dans l’église à la dernière minute, mais soyez bien à temps, afin de pouvoir vous repentir en silence avant le début de la liturgie. Prenez le temps de faire votre examen de conscience. Essayez de jeûner au préalable, ne serait-ce qu’une heure. Si vous avez péché gravement, confessez-vous. »
Prenez et mangez
Devrions-nous donc être des saints, même à moitié, lorsque nous recevons la communion ? Pas du tout. Mais nous devons être prêts à devenir saints, c’est-à-dire à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour proclamer, en paroles et en actes, le message d’amour du Christ.

« Jésus nous connaît, il sait que nous sommes pécheurs et que nous commettons tellement d’erreurs », déclare le pape François. Ce qui ne l’empêche pas de vouloir unir sa vie à la nôtre : « Il sait que nous en avons besoin, car l’Eucharistie n’est pas le salaire des saints, mais le pain des pécheurs. C’est pourquoi il nous exhorte : ‘Prenez et mangez’. »
Le pape souligne encore le pouvoir de guérison de l’hostie. Seul, on n’arrive pas toujours à se sortir des problèmes, à trouver la paix avec soi-même, à se relever et à aller de l’avant. On n’y parvient qu’avec l’aide du Christ, que nous pouvons rencontrer dans ce petit morceau de pain. N’ayons pas peur de dire avec conviction : «Dis seulement une parole, et je serai guéri. »
Glenn Geeraerts
adaptation : Michel Charlier
L’homme juste qui communie
devient un autre Jésus-Christ,
Est rempli de son esprit
et de sa vie.
Mangeons ce pain vivant,
buvons ce vin des anges,
mais fréquemment,
mais saintement.
Mangeons, buvons
et nous engraissons,
mangeons, buvons
et nous enivrons,
et rendons à Dieu nos louanges.
(Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, cantique 158, 9)

